Qu’est-ce qu’une COP ?

Par Odile Meuvret

Vue plénière

Le 23/09/2015

La COP (conférence des pays partie à un accord de l’ONU) est une conférence internationale annuelle à facettes innombrables. C’est particulièrement vrai du climat.

Une 1ère négociation porte sur le suivi de la Convention climat de Rio (UNFCCC, CCNUCC en français). C’est la COP proprement dite qui rassemble actuellement 195 pays ayant souscrit à la Convention de Rio et l’Union européenne qui y a adhéré en tant que telle.

Une deuxième négociation porte sur la mise en oeuvre du Protocole de Kyoto. C’est la CMP, plus connue sous son raccourci de MOP (1), à laquelle participent l’UE et les 191 pays ayant ratifié ce deuxième accord. Les Etats-Unis sont très présents dans la salle mais officiellement à titre d’observateurs du fait de leur refus de ratifier Kyoto (cf. infra 2001).

Lire la suite

New York : un sommet climatique pour rien ?

Le 24 septembre 2014

par Valéry Laramée de Tannenberg

(article paru dans le Journal de l’environnement)

 

L’ONU a réuni le 23 septembre des centaines de chefs d’Etat, d’entrepreneurs, d’élus locaux et d’associatifs. L’occasion de faire le point sur les concessions que ces parties sont déjà prêtes à faire. Mais la négociation est loin d’être terminée.
Les 120 chefs d’Etat et de gouvernement qui ont participé, mardi 23 septembre, au sommet sur le climat organisé à New York par l’ONU, étaient attendus. Dimanche dernier 21 septembre, des centaines de milliers de manifestants (dont 4.000 à Paris) ont appelé les gouvernants à agir pour stabiliser le réchauffement climatique. Ils ont été, en partie, entendus.
Nombre d’acteurs ont pris solennellement des engagements qui vont dans le bon sens. Plus de 130 gouvernements, compagnies et associations ont adopté une «Déclaration de New York sur les forêts», en s’engageant à réduire de moitié la déforestation d’ici 2020, avant d’y mettre fin d’ici 2030. Rejetée par le Brésil, la Déclaration appelle aussi à restaurer 350 millions d’hectares de forêts et de terres agricoles. Combinés, ces trois objectifs permettraient d’éviter l’émission de 4,5 à 8,8 milliards de tonnes de gaz à effet de serre par an d’ici 2030.

ENR, VÉHICULES ÉLECTRIQUES, FUITES DE GAZ
Une vingtaine de pays africains se sont engagés à produire 40% de leur électricité, au moins, avec des énergies renouvelables en 2030, contre 12% aujourd’hui. Les petits pays îliens vont investir 500 millions de dollars (391 M€) pour construire 100 mégawatts électriques de capacités photovoltaïques. Sous la férule de Michelin, une dizaine de partenaires, industriels et institutionnels, ont annoncé le lancement de l’Urban Electric Mobility Initiative, afin de développer l’utilisation du véhicule électrique. L’organisation de l’aviation civile internationale a réitéré son objectif de diviser par deux les émissions de l’aviation commerciale entre 2005 et 2050. Des maires des plus grandes villes du monde ont estimé qu’ils pouvaient abattre de 8 Mdt les émissions urbaines vers 2050. Multinationales du pétrole et collectivités ont aussi conclu un partenariat pour réduire les rejets fugitifs de méthane, un puissant GES.
Quelques pays ont annoncé qu’ils allaient enfin abonder, d’ici 2018, le fonds vert climatique. D’ores et déjà, 2,5 Md$ (2 Md€) auraient été promis, dont 1 milliard par la France. Comme en 2009, le président du Costa Rica a annoncé un moratoire sur l’exploitation du pétrole. Pour le reste, il faudra se contenter de peu.
UN LEADERSHIP SINO-AMÉRICAIN?
José Manuel Barroso a rappelé que l’Union européenne prévoyait de réduire de 40% ses émissions de GES entre 1990 et 2030. A condition que le Conseil européen du mois d’octobre avalise cet objectif. Un objectif repris à son compte par David Cameron, le Premier ministre britannique.
Très attendu, Barack Obama a confirmé que les Etats-Unis réussiraient à réduire de 17% leurs émissions entre 2005 et 2020. Le président américain a lancé un appel au gouvernement chinois pour conclure un accord «ambitieux» en 2015. Pour les Américains, la signature d’un traité international est, en revanche, totalement exclue. Car il ne serait pas ratifié par le Congrès.
Le vice-Premier ministre chinois n’est pas resté sourd à l’appel américain. Il a indiqué que les émissions chinoises seraient stabilisées «dès que possible». «La Chine fera de plus grands efforts pour lutter contre le changement climatique et prendre ses responsabilités internationales», a mystérieusement conclu Zhang Gaoli.
Bien sûr, ces annonces ne satisferont pas les climatologues. Pour autant, New York n’était pas un round de négociations. Organisé par son secrétaire général, le sommet était surtout un moyen (très limité) pour l’ONU d’inciter les parties à la convention sur les changements climatiques de préparer leur stratégie anti-carbone.
FAIRE LE POINT
Dans un entretien accordé à L’Usine à GES, Paul Watkinson, chef des négociateurs français rappelle que la réunion était surtout l’occasion pour les chefs d’Etat de «faire le point, souligner leur engagement à trouver un accord à Paris, mais également pour donner une impulsion aux initiatives collaboratives bénéficiant autant au climat qu’au développement».
Les «vraies» mesures seront publiées entre le sommet climatique de Lima (décembre prochain) et le printemps 2015. C’est seulement sur ces bases que les diplomates réussiront (ou non) à rédiger l’accord «universel» qui pourrait être signé à Paris en décembre 2015.

Climat: comment justifier encore l’inaction ?

Le 22 septembre 2014

par Valéry Laramée de Tannenberg

(article paru dans le Journal de l’Environnement)

A la veille du sommet de l’ONU sur le changement climatique, la situation empire. Bonne nouvelle: bon nombre d’obstacles à la conclusion d’un accord mondial, en 2015, semble désormais évitables.

Au pied du mur. Les 120 chefs d’état et de gouvernement qui assisteront, mardi 23 septembre, au sommet climatique, organisé en marge de l’assemblée générale de l’ONU, n’ont plus aucun argument sérieux pour différer toute action visant à réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES). Car tout ce qui a été entrepris depuis 20 ans pour réduire notre bilan carbone collectif a échoué. Bien sûr, les pays les plus développés ont atteint, ensemble, l’objectif qui leur avait été assigné par le protocole de Kyoto, en 1997.

Modeste performance

Mais cette modeste performance (-5% de GES entre 1990 et 2012) est plus sûrement à mettre au crédit de la crise économique, de l’effondrement de l’industrie lourde ex-soviétique et du développement des secteurs gaziers britannique, allemand et américain qu’à la bonne volonté des gouvernements et des entreprises.

A coup de conférence des parties (COP), ces gouvernements négocient, depuis deux décennies, un accord international. Loupé de peu à Copenhague en 2009, il pourrait être conclu à Paris l’an prochain. Encore dans les limbes, ce texte engagerait les principaux pays émetteurs à réduire leurs émissions et les pays en développement à les stabiliser. Au mieux, le texte devrait reprendre les engagements volontaires rendus publics par des dizaines de pays: depuis les 80% de réduction d’émission entre 1990 et 2050 pour les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou la France, jusqu’à la baisse de l’intensité carbone des économies chinoise ou indienne. Rien à voir, pas comparable, difficile à mesurer? Qu’importe, ce sera ça ou rien.

Emettre sans contrainte

Ce sera peut-être rien, d’ailleurs. Les pays émergents et en développement attendant aussi des pays les plus riches une aide financière au développement propre. Certains exigeant même des pays du Nord un dédommagement pour les premières conséquences des changements climatiques, imputables à deux siècles d’émission sans contrainte.

Sans contrainte, c’est le moins que l’on puisse dire. Le protocole de Kyoto demandait à 36 pays, représentant 62% des émissions mondiales d’alors, de réduire de 5% leurs émissions entre 1990 et 2012. Objectif atteint. Mais dans le même temps, les rejets mondiaux ont fortement progressé. Et ça n’est pas près de s’arrêter. D’autant que ce sont désormais les pays en développement qui sont devenus les principaux contributeurs au réchauffement de la planète. A elle seule, la Chine rejette le quart du carbone mondial: deux fois plus que l’Union européenne!

Le bon cru 2014

Publié le 21 septembre, le bilan annuel des émissions anthropiques de GES, réalisé par les climatologues du Global Carbon Project (GCP), fait froid dans le dos. En 2013, la combustion d’énergies fossiles et la production de ciment ont relâché près de 10 milliards de tonnes de carbone (soit 36 Mdt CO2): 61% de plus qu’en 1990. En une seule année, l’humanité a produit l’équivalent de 3% des émissions carbonées relâchées depuis 1870. Et 2014 s’annonce aussi comme un bon cru carbonique. Les émissions devraient progresser de 2,5% par rapport à 2013, estiment les chercheurs du GTC. A ce rythme, le budget carbone dont nous disposons pour limiter le réchauffement à 2°C sera épuisé en une génération. Dit autrement, le climat est parti pour se réchauffer de plus de 3°C d’ici la fin du siècle.

Réduire nos émissions de gaz carbonique, de méthane, de protoxyde d’azote, et autres gaz fluorés sera le résultat, à long terme, d’un bouleversement de nos habitudes de transport, d’urbanisme, de production, d’alimentation, de chauffage, d’éclairage, de construction, de fiscalité. Ce changement de société ne sera initié qu’en actionnant de puissants leviers, comme la monétarisation du carbone. «On sait qu’il faut que l’émission d’une tonne de CO2 coûte une centaine de dollars pour infléchir les stratégies d’entreprise», indique Chantal Jouanno, ancienne secrétaire d’Etat à l’écologie.

Les entreprises sont prêtes

Les entreprises y sont opposées, martèlent les politiques. A d’autres! En 2009, Rex Tillerson, président d’ExxonMobil, premier pétrogazier mondial, annonçait son ralliement au principe d’une taxe carbone. La semaine passée, le carbon disclosure project rappelait que près de 500 grandes entreprises internationales (dont 96 américaines) participent déjà à des marchés du carbone. Et 150 groupes mondiaux intègrent un prix (interne) du carbone pour définir leurs investissements et leur stratégie de gestion des risques.

Qu’à cela ne tienne, répondent nos politiques, la Chine —premier émetteur mondial— restera hostile à tout effort climatique, au nom de son développement. Est-ce si sûr? Dans un article publié le 21 septembre dans Nature Climate Change, une dizaine de climatologues montrent que l’Empire du milieu n’a pas à redouter le monde de la contrainte carbone. Michael Raupach (université de Canberra -Australie) et ses collègues rappellent que, pour limiter le réchauffement à 2°C, nous pouvons émettre durant le XXIe siècle 1.400 Mdt de gaz carbonique.

Un budget aux deux tiers consommé

Problème, a auparavant souligné Corinne Le Quéré (université d’East Anglia –Grande-Bretagne): en 13 ans, nous avons déjà consommé les deux tiers de ce budget. Pour éviter de nous retrouver à découvert, les scientifiques suggèrent de délivrer des quotas d’émission aux nations. Deux modes d’allocation ont été modélisés: l’un en fonction des émissions historiques, l’autre selon le nombre d’habitants.

Dans le premier cas, les pays riches et la Chine se taillent la part du lion. Ce qui interdit rapidement toute émission de CO2 aux pays en développement. Le système est «injuste et inacceptable», de l’avis de Philippe Ciais (Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement -LSCE), interrogé par le JDLE. En distribuant les 1.400 milliards de quotas aux 9 milliards d’individus que comptera la Terre dans quelques années, les pays du Nord sont moins à la fête. «Il leur faudra alors réduire leurs émissions de plus de 10% par an. Ce qui n’est tenable, ni économiquement, ni politiquement», confesse le scientifique français. Et surtout pas pour Pékin, dont les deux tiers de l’énergie sont issus de la combustion du charbon.

Pourquoi ne pas imaginer, alors, une solution hybride? Banco répondent les chercheurs. En ce cas, l’effort de réduction global n’est «plus» que de 5% par an. Ce qui est déjà considérable. Mais ce qui semble acceptable par tous, y compris la Chine.

Sommet de l’ONU : une étape importante dans l’élaboration d’un accord post-Kyoto

Par Dominique Martin Ferrari

La mobilisation contre les changements climatiques, deux jours avant un Sommet au siège de l’ONU a remporté un vif succés. L’appel à travailler sur un accord universel qui remplacerait le protocole de Kyoto bientôt caduc semble avoir été entendu.
Plus de 500 000 personnes dans 156 pays et 2 646 évènements, ont marqué la plus grande mobilisation citoyenne sur le climat jamais organisée depuis Copenhague. 25 000 personnes à Paris, 310 000 à New York.
A Paris, pour les ONGs « Cette participation record montre que l’ensemble de la société se sent concernée par les changements climatiques. Ce ne doit plus être un enjeu annexe, que les politiques mettent de côté dès qu’une crise se présente, ont déclaré les associations. « La transition est en marche. C’est le sens de l’histoire. Les chefs d’Etat doivent montrer à NYC qu’ils ont compris ce message ».
Pas de naïveté cependant . Malgré l’ampleur donnée à l’événement , les conditions ne sont pas données pour réussir et il faudra bien les 400 jours qui séparent New York de Paris pour faire avancer quelques points. Pour l’instant les revendications des uns et des autres insistent sur le fait « que les recommandations de la France et de l’UE doivent être exemplaires ; que l’on aille vers la suppression des aides au charbon, que l’on dispose d’un calendrier de financement du Fonds vert « . Les analyses excluent également les fausses solutions comme le recours au nucléaire,ou un usage massif de la biomasse.
Derrière l’économie verte se profilent bien des dangers dont les exploitations d’énergie fossile non sécurisées, des solutions techno-scientifiques dangereuses, des mécanismes de marché redoutables.
Les territoires seront une des pièces maîtresse du futur dispositif. C’est là qu’on innove, c’est aussi là que les populations définissent le mieux leurs priorités économiques, environnementales et sociales. C’est surtout là que derrière les promesses vides et les grands discours creux se construit le réel.
En attendant à la fin de la semaine les conclusions de ce sommet qui réunit 120 chefs d’état, on sait déjà que la France ne s’engagera pas davantage sur ses objectifs de réduction, par contre elle compte veiller à ce que les 300 milliards d’euros libérés par Juncker au niveau européen soient largement assignés à l’efficacité énergétique, aux infrastructures et aux renouvelables. Ce sommet est important car il sera révélateur des deux rencontres à venir : Lima et Paris. Si les premières pierres de l’accord à venir ne sont pas posées, il sera difficile de rester optimiste dans la situation actuelle.
A surveiller de très près la diplomatie franco africaine, le suivi de la création de « l’alliance mondiale pour l’agriculture intelligente face au climat » qui suscite actuellement bien des interrogations (derrière les mots, quel sens ? atténuation, adaptation, intelligence, renforcement des connaissances…Une sorte de boîte à progrès, à fausses promesses et à grands risques »
– Les illuminations géantes se sont déroulées sur le mur de l’ONU durant un show de 12 minutes. Elles incluaient des oeuvres de Yann Arthus Bertrand et Sebastiao Salgado.U

B.A.-BA des négociations climatiques

Liens réunis par Odile Meuvret

 

– Historique des négociations climatiques depuis  la conférence de Rio et enjeux de la conférence Paris Climat 2015

par la représentation permanente de la France auprès de l’Office des Nations Unies et des organisations internationales à Vienne

http://www.delegfrance-onu-vienne.org/spip.php?article1456

 

– Découverte de la convention-cadre des Nations Unies et du protocole de Kyoto : problèmes soulevés par la communauté scientifique et réponses apportées par la convention (document de 2001 dont les pages sur la convention sont encore valables en 2014)

sur le site de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ( CCNUCC), en anglais United Nations Framework Convention on Climate Change

http://unfccc.int/resource/docs/publications/beginner_fr.pdf

– Convention-cadre des Nations Unies, protocole de Kyoto : mécanisme pour un développement propre (MDP), échanges de droits d’émission… (document de 2005)

http://unfccc.int/resource/docs/publications/caring2005_fr.pdf

– Pages sur la convention (p 38 à 41)

http://unfccc.int/resource/docs/publications/infokit_2001_fr.pdf

– Gouvernance internationale, résumé établi en 2008

à lire sur le site de l’encyclopédie du développement durable

http://encyclopedie-dd.org/encyclopedie/gouvernance/2-4-les-changements-globaux-effet/visite-guidee-de-la-gouvernance.html

Un sommet de l’ONU sous pression de la société civile

Par Olivier Nouaillas

(Retrouvez l’article en entier sur le site de La Vie)

 

120 chefs d’ Etat seront réunis le 23 septembre à New-York pour préparer la grande conférence sur le climat prévue à Paris fin 2015. Un enjeu qui mobilise d’ores et déjà les citoyens du monde entier.

Ban Ki Moon, le secrétaire général de l’Onu, a réussi la première partie de son pari. Ce mardi 23 septembre à New-York, au siège des Nations-Unies, il réunira plus de 120 chefs d’états de gouvernements (dont Barack Obama et François Hollande) pour préparer la grande conférence de Paris sur le climat, prévue en décembre 2015.

L’intention est plus que louable : éviter la répétition de l’échec du sommet de Copenhague en 2009 en mettant dans le coup les chefs d’ Etat et de gouvernement beaucoup plus en amont. Il reste, en effet, plus de 400 jours avant la tenue de la COP 21 (la conférence de Paris), un délai d’autant plus utile que la COP 20 aura lieu dans deux mois et demi, en décembre 2014 à Lima au Pérou. Et que l’ordre du jour fixé aux représentants des 193 pays est également de préparer la conférence de Paris.

Le chemin est, en effet, encore long pour parvenir à un accord mondial de lutte contre le changement climatique…

Cliquez ici pour découvrir la suite.

Sommet de l’ONU, communiqué d’Attac

Marche pour le climat, le 21 septembre

La société civile se mobilise dans le monde entier le 21 septembre pour envoyer un signal fort aux chefs d’État qui seront réunis à New York le 23 septembre, à l’appel du secrétaire général des Nations Unies : le climat change et il est encore temps d’agir !

Voici un communiqué reçu à cette occasion.

Communiqué d’Attac, Via Campesina…

Les mouvements sociaux dénoncent l’emprise du secteur privé sur le Sommet sur le Climat de Ban Ki-moon

Des mouvements sociaux comme La Via Campesina, OilWatch International, Global Forest Coalition, Migrants Rights International, Indigenous Environmental Network, Grassroots Global Justice Alliance, Attac France et plus de 330 organisations (1), représentant plus de 200 millions de personnes dans le monde, notamment des paysans et des petits agriculteurs, des populations indigènes, des migrant-e-s, des travailleur-se-s, des femmes, des personnes de couleur, des militants pour la justice climatique et environnementale, dénoncent l’emprise du secteur privé et des multinationales sur le Sommet sur le climat organisé par M. Ban Ki-Moon. Dans une déclaration commune publiée le 16 septembre, ils plaident pour des changements systémiques, et contre les initiatives basées sur des partenariats public-privé et des mécanismes de marché qui structurent actuellement l’ordre du jour du Sommet, comme les projets REDD + et d’agriculture urbaine intelligente face au climat (« climate smart agriculture ») ou encore les projets liés à l’initiative Energie renouvelable pour tous (« Sustainable Energy for All – SE4All »)

La déclaration exige de prendre dix actions concrètes pour éviter le chaos climatique, y compris d’immédiats engagements contraignants pour rester en deçà de 1,5 °C de réchauffement global. Les mouvements sociaux maintiennent leur mise en garde contre ce qu’ils appellent les « fausses solutions » et les actions nocives que les grandes entreprises, invitées par le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon à jouer un rôle majeur, promeuvent.

Pour Geneviève Azam, porte-parole d’Attac France, « les négociations sur le changement climatique sont dominées par des Etats irresponsables, des pollueurs et des entreprises qui ne se soucient que de leurs propres intérêts, que ce soit à travers de nouvelles exploitations d’énergies fossiles, de nouveaux marchés carbone ou d’autres fausses solutions telles que les agro-énergies industrielles qui détruisent les forêts, les sols, les zones humides, les rivières, les mangroves et les océans »

Selon Carlos Marentes, membre de la Via Campesina, « le sommet sur le climat de New York est organisé en grande pompe mais ne propose aucune alternative systémique véritable. Au contraire il encourage plusieurs fausses solutions d’une économie verte qui n’en a que le nom, telles que de dangereuses solutions techno-scientifiques ou des mécanismes de marché qui feront plus de mal que de bien. Il refuse de reconnaître que le changement climatique est le résultat d’un système économique injuste qui poursuit une croissance sans fin, concentre les richesses dans les mains de quelques-uns et surexploitent la nature jusqu’à l’effondrement ».

Les mouvements sociaux soulignent que vouloir stopper les dérèglements climatiques impliquerait de mettre fin au régime de libre-échange qui permet de poursuivre une croissance sans fin et d’assurer des profits sans limite aux multinationales. Ils appellent à mettre fin aux négociations, le plus souvent secrètes, visant à étendre le régime de libre-échange et d’investissements de l’OMC, ainsi que celles de l’Accord de partenariat transpacfique (TPP), de l’Accord de libre-échange nord-américain (TAFTA) et d’autres accords bilatéraux, régionaux ou multilatéraux qui cherchent à marchandiser toutes les dimensions de la nature. Pour Nnimmo Bassey, de l’organisation Health of Mother Earth Foundation (HOMEF), « ces accords minent les populations qui travaillent, détruisent la nature, et réduisent considérablement la capacité des populations à définir leurs propres priorités économiques, sociales et environnementales ».

Le Sommet de New York est présenté comme une étape importante sur la route de la 21ème conférence des parties (COP) de la Convention de l’ONU sur les changements climatiques qui se tiendra à Paris en 2015. Mais les mouvements sociaux soulignent que cela exigerait des engagements légalement contraignants et une réelle volonté de changement, et non la poursuite du statu-quo tel qu’actuellement proposé. « Bien-entendu qu’il faut des actions concrètes ! Mais pas n’importe lesquelles. Nous ne voulons plus d’engagements volontaires et de promesses vides. Il sera impossible d’éviter le chaos climatique, si nous ne faisons rien pour nous attaquer à l’inaction des gouvernements subordonnés aux intérêts d’entreprises polluantes. Il est essentiel de renforcer nos luttes concrètes sur le terrain et de concentrer nos énergies sur la transformation du système capitaliste », conclut Cindy Wiesner de Grassroots Global Justice.

(1) La déclaration et la liste complète des signataires est disponible ici : http://climatespace2013.wordpress.com/2014/09/16/se-mobiliser-et-sorganiser-pour-eviter-et-stopper-la-fievre-de-la-planete/

Pour toute interview, prise de contact, demande de renseignements, merci de contacter :

Maxime Combes maxime.combes@gmail.com – 06 24 51 29 44 – (français, anglais et espagnol)

Annelies Schorpion annelies.schorpion@viacampesina.org (français, anglais et espagnol)

Pour Attac France,

Maxime Combes et Christophe Aguiton seront à New York à compter du vendredi 19 septembre

Geneviève Azam, porte-parole d’Attac France, sera disponible pour des interviews en Franc à ces mêmes dates

Sommet de l’ONU, communiqué de l’OCDE

Communiqué de l’OCDE

Paris, le 19 septembre 2014

 

Le Secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría s’exprimera sur les aspects économiques de l’action pour le climat

au Sommet sur le climat des Nations Unies

 

L’Université des Nations Unies (UNU) organise une session thématique sur les aspects économiques de l’action pour le climat avec des dirigeants mondiaux et des experts internationalement reconnus en provenance de Chine, d’Inde, du Mexique et des États-Unis, en marge du Sommet sur le climat 2014 convoqué par le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies Ban Ki-moon le 23 septembre, à New York. Merci de consulter ci-dessous l’invitation détaillée de l’UNU.

 

A quelques jours du Sommet, cliquez ici pour écouter Simon Upton, Directeur de la Direction de l’environnement, répondre aux trois questions clés sur le changement climatique.

 

 

Pour en savoir plus sur la participation de l’OCDE au Sommet sur le climat des Nations Unies, veuillez visiter notre site Internet : http://www.oecd.org/environment/cc/un-climate-summit.htm.