Climat, à nous de jouer !

Par Yves Leers

COP21YLeersPublié le 06/01/2016

Le pacte de Paris sur le changement climatique est bien un événement planétaire majeur qui va marquer tout le XXIe siècle, même si les ambitions sont plus fortes que les moyens d’y parvenir pour éviter le pire. Mais il s’agit d’un point de départ et non d’un aboutissement. À nous de jouer!

Le changement climatique, c’est une histoire de temps qui passe, un temps qui nous est compté. Par son caractère universel et inédit, l’accord de Paris a déclenché le compte à rebours, au sens propre d’un « décompte vers une fin connue » : celle d’un réchauffement au-delà des 2 degrés Celsius ou en deçà comme il faudrait s’y tenir. Lire la suite

« Migrer avec dignité »

Par Geneviève De Lacour

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Dina Ionesco est chercheuse à l’Organisation internationale des migrations

Publié le 09/12/2015

Pour que les réfugiés climatiques puissent migrer avec dignité. Cette phrase résume l’âme de l’initiative Nansen. Une initiative lancée en 2012 par la Norvège et la Suisse pour protéger le nombre croissant de réfugiés climatiques, qui n’ont pas encore de reconnaissance formelle.

« On a longtemps pensé que c’était un risque lointain. Or, aujourd’hui nous savons que c’est déjà une réalité,» a déclaré Nicolas Hulot à la COP21 au Bourget. Le nombre de réfugiés climatiques est estimé à 26 millions par an et pourrait s’élever à 250 millions d’ici 2100. Lire la suite

Les grands perdants du réchauffement climatique

« Germanwatch » publie son palmarès des pays les plus impactés par les changements climatiques

PHILIPPINES-TYPHOON_0Inondations aux Philippines en 2015

Publié le 3 décembre 2015

En 2014, la Serbie, l’Afghanistan et Bosnie Herzégovine ont été les trois pays les plus impactés par des évènements climatiques extrêmes. Germanwatch, une ONG allemande, publie en effet chaque année un index des pays qui subissent de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique. Lire la suite

Le changement climatique, une notion née au 15ème siècle

Par Geneviève De Lacour

FressozLocherJean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher à la matinée AJEC21 « Histoire du climat et négociations »

Le 30 octobre 2015

Avec « l’histoire des savoirs sur le changement climatique depuis le 15ème siècle», Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher préparent un livre qui pourrait faire écho en cette période de négociations climatiques. Les deux historiens veulent « restaurer les grammaires environnementales du 15ème au 19ème siècle», mais surtout, ils signent, à travers cet ouvrage, une exploration de la notion de changement climatique, ou comment les sociétés d’alors percevaient leurs actions sur l’environnement. Passionnante mise en perspective !

« Alors que les sociétés du 15ème au 19ème siècle tentent de comprendre et d’appréhender les conséquences de leurs actions sur la planète, le climat a été une catégorie très importante de ces grammaires environnementales », explique Jean-Baptiste Fressoz. Et de préciser que la grande angoisse à la fin du 18ème siècle ne porte pas sur le cycle du carbone et les émissions de CO2, comme aujourd’hui, mais sur le cycle de l’eau. « En coupant les arbres, on altère le cycle de l’eau ».

La question de changement climatique émerge en fait très tôt, à partir du 15ème siècle. Elle est liée à la découverte du nouveau monde et à sa colonisation. « C’est depuis la découverte du continent américain que se structure la pensée du changement climatique», affirme Fabien Locher. L’idée même de changement climatique est perçue comme positive à cette époque. Lire la suite

Agriculture, la grande oubliée du climat

Le 30/09/2015

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Par Dominique Martin Ferrari

Jusqu’en 2011, la complexité du dossier agriculture a échappé à l’agenda des négociations, de l’adaptation ou de l’atténuation. Rencontre avec Patrick Caron à l’occasion des journées désertif’action qui se sont déroulées du 10 au 13 juin derniers à Montpellier.

Docteur vétérinaire et géographe de formation, Patrick Caron est directeur général délégué à la recherche et à la stratégie du Cirad, depuis 2010. Il participe à la réflexion qui s’est engagée sur l’intégration de l’agriculture dans la question climatique, que ce soit en termes d’atténuation ou d’adaptation.

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Tout n’est pas CO2.

Les émissions des autres GES, tous bilans confondus représentent ¼ des émissions anthropiques (15% de la population mondiale émettent 11% du méthane et 18% du protoxyde d’azote). Introduire l’agriculture dans le débat climat, c’est certes reconnaître le droit des sols à être réhabilités et rémunérés pour le stockage de carbone, mais c’est aussi prendre en compte les émissions de protoxyde d’azote émis par les territoires irrigués.  Lire la suite

#TheGreenMeeting

Journée de mobilisation de la jeunesse en vue de la COP21 : « Toute la journée de l’événement TheGreenMeeting, nous discuterons avec l’ensemble des acteurs de la société autour 2 temps forts : « Meet Your Politicians » et « Green Youth Vision » et un mot d’ordre : Toutes les questions sont bonnes à poser ! »

COP 21 :  » le climat : quels enjeux pour les religions ? « 

La commission du développement durable du Sénat, présidée par M. Hervé Maurey, et la conférence des responsables de culte en France organisent un colloque dans le cadre de la COP 21 sur le thème :  » le climat : quels enjeux pour les religions ?  »

Une conférence de presse aura lieu le même jour à 12h45 en présence de MM. Hervé Maurey et Jérôme Bignon, sénateurs, et d’un représentant de chaque culte associé.

Climat : quand les écrivains s’engagent

par Eliane Partriarca

Le 16/04/15

La Maison des Ecrivains et de la littérature ne peut être taxée d’opportunisme : sa directrice, Sylvie Gouttebaron, confie volontiers que lorsqu’elle a décidé, l’an dernier, de focaliser le programme annuel de l’association sur le thème du réchauffement climatique, elle ignorait complètement que Paris accueillerait en décembre 2015 la 21e conférence mondiale sur le climat. « Nous sentions un frémissement dans la littérature contemporaine. La nature réapparaissait, ici et là – Antoine Emaz et le lichen, la prairie de Frédéric Boyer, l’herbe de Laurent Albarracin, Les Vagues de Marie Darrieussecq…- ou, plus largement, par la prise en considération des paysages… » Ce constat a incité l’association, dont la vocation est de fédérer les écrivains, de les représenter, et, à travers eux, de promouvoir la littérature, à s’interroger sur le rôle des écrivains dans cette crise planétaire. Des entretiens avec l’astronome Hubert Reeves, président d’Humanité et Biodiversité et avec le paysan-philosophe Pierre Rabbi, ont encore renforcé la volonté de la Mel d’inciter les écrivains à s’emparer du thème du réchauffement climatique, « à témoigner, à provoquer la réflexion, à documenter les diagnostics, à émouvoir et donner à penser… », et ce, au moins durant toute l’année qui précède la COP21.

Dès octobre 2014, Cécile Wasjbrot, écrivain et administratrice de la Mel, lance un cycle spécifique de Leçons de littérature : une fois par mois, un écrivain lit le texte qu’il a rédigé à partir du mot « climat », pris au sens littéral ou métaphorique, comme thème principal ou comme déclencheur de réflexions autour de la littérature et de son travail personnel. Linda Lé, Anne Weber, Laurent Grisel, Nicole Caligaris – s’y sont déjà essayés. En mars, c’était au tour de Jean-Christophe Bailly, auteur, notamment, du Dépaysement et du Parti Pris des Animaux. Egalement professeur à l’Ecole du paysage de Blois, il a pris pour point de départ de sa déambulation poétique et picturale le climat au sens bourguignon du terme : une aire viticole généralement baptisée du nom d’un lieu-dit et définie par un ensemble de facteurs physiques comme la pente, l’exposition, le type de sol, de sous-sol… En avril, c’est Jean-Paul Goux, auteur notamment de deux trilogies Les Champs de fouilles et Les Quartiers d’hiver, qui se prêtera à l’exercice.

Entretemps, la Maison des Ecrivains et de la littérature a formalisé et annoncé son engagement dans une tribune, publiée le 26 décembre dernier par Libération : « Face à la menace, maintenant si précise, du changement climatique, face à l’espoir aussi que représente la mobilisation mondiale sur ce sujet, que peut la littérature ? Que peuvent les mots face aux désastres annoncés ? Que peut encore le langage dans ce monde de l’image, de l’immédiateté, dans l’urgence où nous sommes ?», s’interrogeaient Sylvie Gouttebaron, directrice de la Maison, et Yves Bourdier, son président. «A la lecture de certains de nos contemporains, nous sentons bien que la nature est plus que jamais considérée dans son rapport à l’homme, comme un appel à plus d’attention, de soin. (…) Nous engageons maintenant les écrivains, dans leur ensemble, à prendre la parole.», annonçaient-ils, s’affirmant «convaincus » que « la littérature peut quelque chose, qu’elle doit faire quelque chose. »

Pour « monter au front sereinement », comme l’a joliment esquissé Sylvie Gouttebaron, le 23 mars au Salon du Livre la MEL foisonne d’idées : encourager la création de textes, organiser des conférences, des dialogues, jouer du croisement des arts (musique, cinéma, arts plastiques…), commander des Chansons pour le climat à des écrivains et/ou artistes, susciter des textes à partir des projections de films et de documentaires ou de reportages photos sur les conséquences du réchauffement climatique … L’association envisage pour l’automne 2015 un grand rendez-vous de dimension internationale, un «Parlement sensible des auteurs» avant la COP21. « Sur le modèle du héros du film de Franck Capra, Mr.Smith goes to Washington, explique la directrice de la Maison, nous allons commander des discours à une trentaine d’écrivains. » Pressentie, Agnès Desarthe a aussitôt accepté. « La question qui se pose », selon elle, « c’est plutôt : qu’est-ce qui se passe dans la tête des gens qui s’en fichent ? Je m’engage donc à essayer de comprendre ce déni. » Ecrivain, traducteur de la Bible et de Saint-Augustin, prof de littérature, Frédéric Boyer a lui aussi adhéré immédiatement à l’initiative de la MEL. Parce que, dit-il, « la question littéraire est habitée depuis toujours par la relation au Monde et à la Nature. Même si on sous-estime aujourd’hui le rôle politique de la littérature .»

Espérons, avec la MEL que la littérature aidera à rendre sensible ce qui, malgré des kilos d’articles de par le monde, ne l’est toujours pas assez, à rendre audible ce que de multiples scientifiques et lanceurs d’alerte clament, en vain, depuis plusieurs années.

 A noter :

Dans le cadre des « Leçons de littérature » présentées par Cécile Wajsbrot, la Maison des écrivains et de la littérature invite pour son cycle « Climat » l’écrivain Yoko Tawada le 7 mai 2015 de 19h à 20h30 au Goethe Institut. Yoko Tawada lira un texte écrit pour l’occasion et abordera – à partir du mot climat – une réflexion sur la création littéraire. Rencontre organisée en collaboration avec le Goethe Institut et l’association Les Amis du Roi des Aulnes.

Contact Lisette Bouvier : l.bouvier@maison-des-ecrivains.asso.fr