Changement climatique : ce qu’attendent désormais les Africains

Par Houmi Ahamed-Mikidache

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Le 15/12/2015, initialement publié sur le site Le Point Afrique

L’accord « historique » de la COP21 n’a pas totalement comblé les Africains. Ils se projettent vers la COP22 au Maroc avec bien des questions. Récit.

L’accord sur le climat signé à Paris le 12 décembre pose un cadre encourageant quant à l’avenir de la gestion des problèmes liés au changement climatique. Aussi, Hakima El Haite, ministre de l’Environnement du Maroc, hôte de la COP22 à Marrakech, indique-t-elle que la conférence prévue du 7 au 18 novembre 2016 sera celle de la mise en œuvre des éléments et des décisions de l’accord de Paris. Plusieurs questions devront déjà voir des mesures concrètes les accompagner. Lire la suite

Les scientifiques africains seront-ils enfin soutenus ?

Par Houmi Ahamed-Mikidache

Le 02/08/15, paru sur le site nigérian Climate Reporters

La conférence scientifique à l'Unesco à Paris

La conférence scientifique à l’Unesco à Paris

Au début du mois de juillet, plus de 2000 scientifiques se sont réunis à Paris à l’Unesco. A l’approche de la Conférence de l’ONU sur le Climat, prévue en fin d’année, il était nécessaire pour ces scientifiques d’exposer à nouveau leurs travaux, mais aussi d’apporter des solutions, sur l’adaptation, l’atténuation, le financement, le transfert des technologies, mais aussi le renforcement des capacités. Cette conférence a vu la présence de quelques scientifiques africains. Des scientifiques, dans l’anonymat et des scientifiques mis en valeur par l’organisation. Mais des scientifiques compétents. Dans le domaine de la météorologie, le développement durable, les énergies renouvelables, la foresterie… Mais pourquoi y a-t-il si peu d’Africains dans ce type de conférence ?

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ODD et préparation de la COP20

L’objectif de cette réunion réservée aux journalistes : Faire le point sur les échéances des mois de novembre et décembre (objectifs du développement durable, sommet sur le climat de Lima).
Avec

Pierre Radanne (collectif Rio +20 et 4D) qui présentera le projet Our life 21 (huit pays, quarante familles face au futur facteur 4) et fera le point sur la mobilisation du forum des peuples

Lamine Camara, chargé de mission Développement local et coopérations territoriales (association GRDR), point sur les flux migratoires en Afrique

L’Agence Française de Développement

 

Financements : Afrique, ça bouge

par Dominique Martin Ferrari

(article paru dans la lettre Options Futurs n°24 le 8 octobre 2014)

Jean-Louis Borloo et l’Afrique

Jean-Louis Borloo, sorti du tunnel de sa maladie, revient dans l’actualité avec sa fondation pour l’Afrique (sources JDD). L’Afrique « est en panne, faute d’électricité. 70 % des Africains n’ont ni lumière, ni électricité, ni énergie. Or l’énergie, c’est la vie, l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation, à l’emploi, à la croissance.(…) Le choix est simple. Ou l’Afrique sera le continent des drames du XXIe siècle pour elle comme pour nous ou elle sera celui d’un grand déve-loppement et un relais de croissance pour la France et pour l’Europe. Le destin de l’Europe et de l’Afrique sont liés. Par le biais de grands travaux, évalués à 30 milliards d’euros par an, et financés par les fonds internationaux votés lors du sommet climatique de Copenhague, mais aussi par des capitaux privés, l’Afrique peut devenir un relais de croissance pour la France et pour l’Europe (..) Je veux alerter les décideurs français et européens. Aider les dirigeants, mobiliser les parlements français et européen. La fondation et son agence seront opérationnelles à la fin de l’année. (…) Si l’on arrivait à 90 ou 100% d’accès à l’énergie, on aurait plus de 20% de croissance par an en Afrique avec des retombées en France! On peut passer d’un continent de tensions à un continent de croissance. »

Et n’oublions pas que JL Borloo , ministre de l’environnement, a préparé Copenhague avec Brice Lalonde en charge de la négociation. Brice Lalonde est aujourd’hui responsable des négociations de la COP 21 pour le Global Compact dont Jean Pascal Tricoire est le Président (et président de Schneider Electric.) Un bel équipage pour construire du concret, engager de beaux MDP et surveiller l’attribution du milliard de dollars annoncé par la France à New York le 23 septembre..

Le MDP, un outil de financement

par Dominique Martin Ferrari

(article paru dans la lettre Options Futurs le 8 octobre 2014)

Le MDP ou Mécanisme de Développement Propre est un des mécanisme de financement du protocole de Kyoto souvent contesté et souvent utile dans les échanges nord/sud. La notion de “responsabilité commune mais différenciée” a permis de dépasser l’opposition Nord/Sud (le nord pollue, le sud subit) A Kyoto, la plupart des pays les plus développés ont convenu d’adopter une mesure de financement innovante, le “Mécanisme pour un Développement propre” qui vise à atténuer les coûts inhérents à la réduction des émissions dans le Nord, tout en contribuant au financement de projets d’énergie non polluante dans les pays en développement. Le MDP est un mécanisme du secteur privé qui permet aux industries des pays développés de s’acquitter en partie de leurs obligations en finançant des projets de réduction des émissions dans les pays en développement, où les coûts sont souvent plus faibles. Pour une société européenne qui est tenue par son gouvernement de réduire les quantités de rejet de GES de 100 000 tonnes par an, il sera peut-être moins coûteux de moderniser une centrale à charbon polluante en Inde que de mettre aux normes sa propre usine. Le Mécanisme autorise cette société à déduire de son objectif de réduction de 100 000 tonnes par an la quantité de pollution évitée en Inde. Malheureusement, les chercheurs de la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques, qui supervisent le MDP, indiquent en effet qu’à peine 3 % du millier de projets approuvés dans le cadre du MDP à travers le monde sont réalisés en Afrique. Une bonne moitié des projets africains se trouve en Afrique du Sud où l’infrastructure industrielle et financière développée se prête bien au processus d’accréditation complexe du MDP.

Pour en savoir plus : http://www.afdb.org/fr/news-and-events/article/afdb-partners-in-the-6th-africa-carbon-forum-in-windhoek-engaging-africa-in-the-global-carbon-markets-13296/

A noter : cet outil n’a pas vraiment fait la preuve de son efficacité. En 10 ans, cela a permis de compenser l’équivalent de 3 mois d’émissions chinoises.

La coopération entre pays en développement est indispensable

A la veille du Sommet de l’ONU sur le changement climatique

La coopération entre pays en développement est indispensable

Par M’hamed Rebah

(article paru sur le site http://www.reporters.dz)

Répondre aux besoins des populations en maintenant la croissance économique et, en même temps, lutter contre le changement climatique, constitue un défi de taille pour les pays en développement qui doivent préserver leurs intérêts dans les grandes négociations internationales sur le climat. D’où l’exigence d’une coopération intense et une coordination étroite entre leurs représentants à la veille du Sommet des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra le 23 septembre à New York, et dans la perspective de la 21ème Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de 2015 à Paris (COP 21), qui sera précédée par la COP 20 qui débutera le 4 décembre à Lima, en présence de 12000 participants et un millier de journalistes. En parallèle à la COP 20, se tiendra un Sommet des Peuples, regroupant ONG et représentants de communautés indigènes, qui se veut un événement alternatif à la conférence de Lima.
La situation est grave pour les pays africains. D’après les Nations unies, d’ici 2050, l’Afrique ne pourrait subvenir qu’à 13% de ses besoins alimentaires, à cause du changement climatique.
Jean-Marie Sabushimike, expert en environnement et professeur de Géographie à l’Université du Burundi (UB) a décrit dans une déclaration à Xinhua, la forte vulnérabilité au changement climatique des pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CEA). Au Burundi, d’abord le problème du changement climatique est perceptible dans les secteurs de l’agriculture, des infrastructures, de la santé et de l’énergie ; le Rwanda, fait-il savoir, dispose d’un ministère de la Gestion des catastrophes et des réfugiés et des organes et des structures compétents capables de conduire une politique d’adaptation aux changements climatiques ; l’Ouganda se cherche encore en matière d’adaptation au changement climatique car il subit sans cesse des glissements de terrain très violents, mais aussi des inondations ; le Kenya affiche le même tableau, et, en plus, subit des sécheresses qu’il n’arrive pas à juguler et à contrôler ; en Tanzanie, c’est beaucoup plus les inondations. Pour cette partie de l’Afrique, Maurice va abriter un centre régional d’excellence et d’information sur le changement climatique qui sera créé à partir du Centre d’information sur le changement climatique mis en place par la Division de l’évolution du climat du ministère de l’Environnement à Maurice avec le soutien du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et la Commission de l’Océan Indien (COI).
Dans une autre partie de l’Afrique, au Congo, des perturbations énormes sont enregistrées avec la baisse et la hausse des températures ainsi que sur la pluviométrie nationale. Entre 1950-2010, le Congo a gagné 1,1 degré Celsius de température en zone rurale et 0,5 degré Celsius en zone urbaine. Les spécialistes locaux ont noté qu’« il y a des cultures qui sont en voie d’être abandonnées, compte tenu des évolutions du climat. La fructification des mangues a même changé dans certaines zones».
Mary Robinson, envoyée spéciale des Nations Unies pour le changement climatique, estime que «les efforts fournis pour l’aide au développement pourraient être anéantis par le changement climatique». Pour elle, il est «impératif de s’occuper de l’atténuation de ces changements mais aussi d’aider les pays moins développés par des transferts de technologies». M’hamed Rebah (20 septembre 2014)