La coopération entre pays en développement est indispensable

A la veille du Sommet de l’ONU sur le changement climatique

La coopération entre pays en développement est indispensable

Par M’hamed Rebah

(article paru sur le site http://www.reporters.dz)

Répondre aux besoins des populations en maintenant la croissance économique et, en même temps, lutter contre le changement climatique, constitue un défi de taille pour les pays en développement qui doivent préserver leurs intérêts dans les grandes négociations internationales sur le climat. D’où l’exigence d’une coopération intense et une coordination étroite entre leurs représentants à la veille du Sommet des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra le 23 septembre à New York, et dans la perspective de la 21ème Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de 2015 à Paris (COP 21), qui sera précédée par la COP 20 qui débutera le 4 décembre à Lima, en présence de 12000 participants et un millier de journalistes. En parallèle à la COP 20, se tiendra un Sommet des Peuples, regroupant ONG et représentants de communautés indigènes, qui se veut un événement alternatif à la conférence de Lima.
La situation est grave pour les pays africains. D’après les Nations unies, d’ici 2050, l’Afrique ne pourrait subvenir qu’à 13% de ses besoins alimentaires, à cause du changement climatique.
Jean-Marie Sabushimike, expert en environnement et professeur de Géographie à l’Université du Burundi (UB) a décrit dans une déclaration à Xinhua, la forte vulnérabilité au changement climatique des pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CEA). Au Burundi, d’abord le problème du changement climatique est perceptible dans les secteurs de l’agriculture, des infrastructures, de la santé et de l’énergie ; le Rwanda, fait-il savoir, dispose d’un ministère de la Gestion des catastrophes et des réfugiés et des organes et des structures compétents capables de conduire une politique d’adaptation aux changements climatiques ; l’Ouganda se cherche encore en matière d’adaptation au changement climatique car il subit sans cesse des glissements de terrain très violents, mais aussi des inondations ; le Kenya affiche le même tableau, et, en plus, subit des sécheresses qu’il n’arrive pas à juguler et à contrôler ; en Tanzanie, c’est beaucoup plus les inondations. Pour cette partie de l’Afrique, Maurice va abriter un centre régional d’excellence et d’information sur le changement climatique qui sera créé à partir du Centre d’information sur le changement climatique mis en place par la Division de l’évolution du climat du ministère de l’Environnement à Maurice avec le soutien du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et la Commission de l’Océan Indien (COI).
Dans une autre partie de l’Afrique, au Congo, des perturbations énormes sont enregistrées avec la baisse et la hausse des températures ainsi que sur la pluviométrie nationale. Entre 1950-2010, le Congo a gagné 1,1 degré Celsius de température en zone rurale et 0,5 degré Celsius en zone urbaine. Les spécialistes locaux ont noté qu’« il y a des cultures qui sont en voie d’être abandonnées, compte tenu des évolutions du climat. La fructification des mangues a même changé dans certaines zones».
Mary Robinson, envoyée spéciale des Nations Unies pour le changement climatique, estime que «les efforts fournis pour l’aide au développement pourraient être anéantis par le changement climatique». Pour elle, il est «impératif de s’occuper de l’atténuation de ces changements mais aussi d’aider les pays moins développés par des transferts de technologies». M’hamed Rebah (20 septembre 2014)