Un petit point sur la négociation

Aujourd’hui, dernier jour des négociations, une nouvelle version du texte a été remise au président de la COP21 à 13h. Peu de temps après John Kerry a pris la parole devant un parterre de journalistes triés sur le volet.

Négo

Le texte est plus court : il comporte 29 pages au lieu de 43, en incluant le projet d’accord et celui de la décision de la COP, soit une réduction de 75% du nombre des points entre crochets. « C’est nettement mieux, donc, mais c’est encore trop » a déclaré Laurent Fabius lors de son point presse.

« Sur plusieurs sujets, nous sommes presque au bout de nos peines », a-t-t-il complété :

– un compromis a été identifié sur le renforcement des capacités pour l’atténuation et l’adaptation, sur la base des besoins des pays ;
– le travail est quasiment conclu sur le sujet majeur qu’est l’adaptation aux
impacts du changement climatique. « Cela va nous permettre de nous
concentrer sur la question des pertes et dommages, une question sur laquelle
je comprends que les points de vue se sont rapprochés » ;
– « nous sommes aussi très proches de conclure sur l’élaboration du cadre de
transparence qui sera essentiel pour permettre le suivi des efforts mais également des soutiens à l’action climatique » ;

– nous avons avancé avec vous de façon significative sur le développement et
les transferts de technologies ;
– enfin, de premiers progrès ont été réalisés sur la question des forêts, des
moyens de coopération et du préambule.

En revanche, certains points politiques importants restent à trancher. Trois questions transversales devront faire particulièrement l’objet de discussions approfondies dans les heures qui viennent : la différenciation, les financements et le niveau d’ambition de l’accord.

Pascal Canfin, conseiller principal pour le climat du Think tank World Resources Institute (WRI) déclare : « Tous les éléments d’un accord ambitieux sont encore présents dans le texte. Rien n’est tranché en matière d’ambition, de finance et de différenciation. La nuit va être longue ! J’espère que les ministres seront à la hauteur de l’enjeu. »

John Kerry a fait un discours assez percutant en début d’après-midi. « Les signes du changement climatique sont là et personne ne doit les ignorer. » Il a néanmoins rejeté tout accord globalement contraignant mais s’est dit favorable à ce que le dispositif MRV (Measuring reporting and verification) soit légalement contraignant. Il a aussi annoncé le doublement des investissements publics américains (800 millions de $) pour l’adaptation des pays en voie de développement. « Nous devons agir maintenant » a martelé le responsable de la diplomatie américaine, reconnaissant la responsabilité des Etats-Unis dans les émissions mondiales.

Les négociations devraient continuer une bonne partie de la nuit.

Et pour les plus motivés voici la nouvelle version du texte :

http://unfccc.int/resource/docs/2015/cop21/eng/da01.pdf