New York : un sommet climatique pour rien ?

Le 24 septembre 2014

par Valéry Laramée de Tannenberg

(article paru dans le Journal de l’environnement)

 

L’ONU a réuni le 23 septembre des centaines de chefs d’Etat, d’entrepreneurs, d’élus locaux et d’associatifs. L’occasion de faire le point sur les concessions que ces parties sont déjà prêtes à faire. Mais la négociation est loin d’être terminée.
Les 120 chefs d’Etat et de gouvernement qui ont participé, mardi 23 septembre, au sommet sur le climat organisé à New York par l’ONU, étaient attendus. Dimanche dernier 21 septembre, des centaines de milliers de manifestants (dont 4.000 à Paris) ont appelé les gouvernants à agir pour stabiliser le réchauffement climatique. Ils ont été, en partie, entendus.
Nombre d’acteurs ont pris solennellement des engagements qui vont dans le bon sens. Plus de 130 gouvernements, compagnies et associations ont adopté une «Déclaration de New York sur les forêts», en s’engageant à réduire de moitié la déforestation d’ici 2020, avant d’y mettre fin d’ici 2030. Rejetée par le Brésil, la Déclaration appelle aussi à restaurer 350 millions d’hectares de forêts et de terres agricoles. Combinés, ces trois objectifs permettraient d’éviter l’émission de 4,5 à 8,8 milliards de tonnes de gaz à effet de serre par an d’ici 2030.

ENR, VÉHICULES ÉLECTRIQUES, FUITES DE GAZ
Une vingtaine de pays africains se sont engagés à produire 40% de leur électricité, au moins, avec des énergies renouvelables en 2030, contre 12% aujourd’hui. Les petits pays îliens vont investir 500 millions de dollars (391 M€) pour construire 100 mégawatts électriques de capacités photovoltaïques. Sous la férule de Michelin, une dizaine de partenaires, industriels et institutionnels, ont annoncé le lancement de l’Urban Electric Mobility Initiative, afin de développer l’utilisation du véhicule électrique. L’organisation de l’aviation civile internationale a réitéré son objectif de diviser par deux les émissions de l’aviation commerciale entre 2005 et 2050. Des maires des plus grandes villes du monde ont estimé qu’ils pouvaient abattre de 8 Mdt les émissions urbaines vers 2050. Multinationales du pétrole et collectivités ont aussi conclu un partenariat pour réduire les rejets fugitifs de méthane, un puissant GES.
Quelques pays ont annoncé qu’ils allaient enfin abonder, d’ici 2018, le fonds vert climatique. D’ores et déjà, 2,5 Md$ (2 Md€) auraient été promis, dont 1 milliard par la France. Comme en 2009, le président du Costa Rica a annoncé un moratoire sur l’exploitation du pétrole. Pour le reste, il faudra se contenter de peu.
UN LEADERSHIP SINO-AMÉRICAIN?
José Manuel Barroso a rappelé que l’Union européenne prévoyait de réduire de 40% ses émissions de GES entre 1990 et 2030. A condition que le Conseil européen du mois d’octobre avalise cet objectif. Un objectif repris à son compte par David Cameron, le Premier ministre britannique.
Très attendu, Barack Obama a confirmé que les Etats-Unis réussiraient à réduire de 17% leurs émissions entre 2005 et 2020. Le président américain a lancé un appel au gouvernement chinois pour conclure un accord «ambitieux» en 2015. Pour les Américains, la signature d’un traité international est, en revanche, totalement exclue. Car il ne serait pas ratifié par le Congrès.
Le vice-Premier ministre chinois n’est pas resté sourd à l’appel américain. Il a indiqué que les émissions chinoises seraient stabilisées «dès que possible». «La Chine fera de plus grands efforts pour lutter contre le changement climatique et prendre ses responsabilités internationales», a mystérieusement conclu Zhang Gaoli.
Bien sûr, ces annonces ne satisferont pas les climatologues. Pour autant, New York n’était pas un round de négociations. Organisé par son secrétaire général, le sommet était surtout un moyen (très limité) pour l’ONU d’inciter les parties à la convention sur les changements climatiques de préparer leur stratégie anti-carbone.
FAIRE LE POINT
Dans un entretien accordé à L’Usine à GES, Paul Watkinson, chef des négociateurs français rappelle que la réunion était surtout l’occasion pour les chefs d’Etat de «faire le point, souligner leur engagement à trouver un accord à Paris, mais également pour donner une impulsion aux initiatives collaboratives bénéficiant autant au climat qu’au développement».
Les «vraies» mesures seront publiées entre le sommet climatique de Lima (décembre prochain) et le printemps 2015. C’est seulement sur ces bases que les diplomates réussiront (ou non) à rédiger l’accord «universel» qui pourrait être signé à Paris en décembre 2015.

Climat: comment justifier encore l’inaction ?

Le 22 septembre 2014

par Valéry Laramée de Tannenberg

(article paru dans le Journal de l’Environnement)

A la veille du sommet de l’ONU sur le changement climatique, la situation empire. Bonne nouvelle: bon nombre d’obstacles à la conclusion d’un accord mondial, en 2015, semble désormais évitables.

Au pied du mur. Les 120 chefs d’état et de gouvernement qui assisteront, mardi 23 septembre, au sommet climatique, organisé en marge de l’assemblée générale de l’ONU, n’ont plus aucun argument sérieux pour différer toute action visant à réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES). Car tout ce qui a été entrepris depuis 20 ans pour réduire notre bilan carbone collectif a échoué. Bien sûr, les pays les plus développés ont atteint, ensemble, l’objectif qui leur avait été assigné par le protocole de Kyoto, en 1997.

Modeste performance

Mais cette modeste performance (-5% de GES entre 1990 et 2012) est plus sûrement à mettre au crédit de la crise économique, de l’effondrement de l’industrie lourde ex-soviétique et du développement des secteurs gaziers britannique, allemand et américain qu’à la bonne volonté des gouvernements et des entreprises.

A coup de conférence des parties (COP), ces gouvernements négocient, depuis deux décennies, un accord international. Loupé de peu à Copenhague en 2009, il pourrait être conclu à Paris l’an prochain. Encore dans les limbes, ce texte engagerait les principaux pays émetteurs à réduire leurs émissions et les pays en développement à les stabiliser. Au mieux, le texte devrait reprendre les engagements volontaires rendus publics par des dizaines de pays: depuis les 80% de réduction d’émission entre 1990 et 2050 pour les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou la France, jusqu’à la baisse de l’intensité carbone des économies chinoise ou indienne. Rien à voir, pas comparable, difficile à mesurer? Qu’importe, ce sera ça ou rien.

Emettre sans contrainte

Ce sera peut-être rien, d’ailleurs. Les pays émergents et en développement attendant aussi des pays les plus riches une aide financière au développement propre. Certains exigeant même des pays du Nord un dédommagement pour les premières conséquences des changements climatiques, imputables à deux siècles d’émission sans contrainte.

Sans contrainte, c’est le moins que l’on puisse dire. Le protocole de Kyoto demandait à 36 pays, représentant 62% des émissions mondiales d’alors, de réduire de 5% leurs émissions entre 1990 et 2012. Objectif atteint. Mais dans le même temps, les rejets mondiaux ont fortement progressé. Et ça n’est pas près de s’arrêter. D’autant que ce sont désormais les pays en développement qui sont devenus les principaux contributeurs au réchauffement de la planète. A elle seule, la Chine rejette le quart du carbone mondial: deux fois plus que l’Union européenne!

Le bon cru 2014

Publié le 21 septembre, le bilan annuel des émissions anthropiques de GES, réalisé par les climatologues du Global Carbon Project (GCP), fait froid dans le dos. En 2013, la combustion d’énergies fossiles et la production de ciment ont relâché près de 10 milliards de tonnes de carbone (soit 36 Mdt CO2): 61% de plus qu’en 1990. En une seule année, l’humanité a produit l’équivalent de 3% des émissions carbonées relâchées depuis 1870. Et 2014 s’annonce aussi comme un bon cru carbonique. Les émissions devraient progresser de 2,5% par rapport à 2013, estiment les chercheurs du GTC. A ce rythme, le budget carbone dont nous disposons pour limiter le réchauffement à 2°C sera épuisé en une génération. Dit autrement, le climat est parti pour se réchauffer de plus de 3°C d’ici la fin du siècle.

Réduire nos émissions de gaz carbonique, de méthane, de protoxyde d’azote, et autres gaz fluorés sera le résultat, à long terme, d’un bouleversement de nos habitudes de transport, d’urbanisme, de production, d’alimentation, de chauffage, d’éclairage, de construction, de fiscalité. Ce changement de société ne sera initié qu’en actionnant de puissants leviers, comme la monétarisation du carbone. «On sait qu’il faut que l’émission d’une tonne de CO2 coûte une centaine de dollars pour infléchir les stratégies d’entreprise», indique Chantal Jouanno, ancienne secrétaire d’Etat à l’écologie.

Les entreprises sont prêtes

Les entreprises y sont opposées, martèlent les politiques. A d’autres! En 2009, Rex Tillerson, président d’ExxonMobil, premier pétrogazier mondial, annonçait son ralliement au principe d’une taxe carbone. La semaine passée, le carbon disclosure project rappelait que près de 500 grandes entreprises internationales (dont 96 américaines) participent déjà à des marchés du carbone. Et 150 groupes mondiaux intègrent un prix (interne) du carbone pour définir leurs investissements et leur stratégie de gestion des risques.

Qu’à cela ne tienne, répondent nos politiques, la Chine —premier émetteur mondial— restera hostile à tout effort climatique, au nom de son développement. Est-ce si sûr? Dans un article publié le 21 septembre dans Nature Climate Change, une dizaine de climatologues montrent que l’Empire du milieu n’a pas à redouter le monde de la contrainte carbone. Michael Raupach (université de Canberra -Australie) et ses collègues rappellent que, pour limiter le réchauffement à 2°C, nous pouvons émettre durant le XXIe siècle 1.400 Mdt de gaz carbonique.

Un budget aux deux tiers consommé

Problème, a auparavant souligné Corinne Le Quéré (université d’East Anglia –Grande-Bretagne): en 13 ans, nous avons déjà consommé les deux tiers de ce budget. Pour éviter de nous retrouver à découvert, les scientifiques suggèrent de délivrer des quotas d’émission aux nations. Deux modes d’allocation ont été modélisés: l’un en fonction des émissions historiques, l’autre selon le nombre d’habitants.

Dans le premier cas, les pays riches et la Chine se taillent la part du lion. Ce qui interdit rapidement toute émission de CO2 aux pays en développement. Le système est «injuste et inacceptable», de l’avis de Philippe Ciais (Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement -LSCE), interrogé par le JDLE. En distribuant les 1.400 milliards de quotas aux 9 milliards d’individus que comptera la Terre dans quelques années, les pays du Nord sont moins à la fête. «Il leur faudra alors réduire leurs émissions de plus de 10% par an. Ce qui n’est tenable, ni économiquement, ni politiquement», confesse le scientifique français. Et surtout pas pour Pékin, dont les deux tiers de l’énergie sont issus de la combustion du charbon.

Pourquoi ne pas imaginer, alors, une solution hybride? Banco répondent les chercheurs. En ce cas, l’effort de réduction global n’est «plus» que de 5% par an. Ce qui est déjà considérable. Mais ce qui semble acceptable par tous, y compris la Chine.

Sommet Climat de l’ONU : Déclaration commune de représentants d’acteurs non-étatiques

Sommet Climat des Nations Unies – New York – 23 septembre 2014 – Catalyser l’action – Déclaration commune de représentants d’acteurs non-étatiques

 

1 / Nous, signataires de la présente déclaration, par ailleurs membres et représentants des groupes majeurs et « constituencies » reconnus par les Nations Unies, avons décidé de nous exprimer d’une seule voix sur les impératifs qui doivent fonder l’accord global sur le changement climatique qui doit être adopté en 2015 à Paris. Nous représentons une grande diversité d’acteurs travaillant du niveau local au niveau international pour lutter CONTRE le changement climatique et POUR une transition juste vers un développement durable, bas-carbone et résilient au changement climatique. Notre action est guidée par l’absolue urgence scientifique du changement climatique, soulignée par les récents rapports du GIEC, et la priorité de limiter l’augmentation de la température globale à moins de deux degrés au-dessus des niveaux préindustriels. Nous appelons les gouvernements nationaux à s’engager dans le sens de ce qui est requis par la science, pour des actions d’atténuation et d’adaptation ambitieuses, rapides et efficaces pour répondre au changement climatique global.

2 / Il est maintenant établi que l’action climatique sera essentielle au développement, le changement climatique représentant une grande menace pour les efforts de développement. Nous considérons donc que les négociations sur le climat et celles sur l’agenda post-2015 du développement sont fortement interconnectées et qu’un résultat positif sera nécessaire dans chacun de ces deux processus en 2015 pour assurer une action efficace contre le changement climatique et pour un monde durable, équitable et fondé sur les droits.  Les Objectifs de Développement Durable (ODD) doivent intégrer l’urgence climatique, sous la forme d’un objectif « changement climatique » spécifique, et garantir que tous les ODD sont compatibles avec la lutte contre le changement climatique et la résilience, en particulier concernant l’urbanisation durable, l’adaptation de l’agriculture de petite échelle et l’accès à l’énergie renouvelable pour tous.  Les négociations climatiques doivent prendre en compte la façon dont l’action et l’inaction contre le changement climatique affecteront les aspirations globales de développement durable à travers le monde.  La question de l’équité doit être au fondement de cet agenda. Chaque pays va devoir s’engager, en prenant en considération le principe des responsabilités communes mais différenciées et les capacités respectives, ainsi que l’urgence de la crise.

3 / Pour atteindre avec un niveau de certitude élevé l’objectif de limiter l’augmentation de la température globale à moins de deux degrés, nous appelons à atteindre l’objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre, avec le développement rapide de l’efficacité énergétique, de technologies non carbonées ne présentant pas de risques environnementaux et, dans la mesure où c’est techniquement possible, avec l’objectif de long-terme d’atteindre 100% d’énergies renouvelables dès que possible. Nous appelons à un accord ambitieux et légalement contraignant à Paris pour la période post-2020, qui intègre cet objectif de long-terme, nous attendons donc des avancées politiques significatives et des propositions concrètes à Lima pour la période 2015-2020. Nous demandons aux gouvernements nationaux d’accélérer très rapidement leurs réductions d’émissions avant 2020 et de définir des objectifs d’émissions cohérents avec l’échelle d’urgence pour la période 2020-2025.

4 / Nous sommes conscients de la complexité des négociations et nous pensons qu’un accord entre gouvernements seul ne sera pas suffisant pour répondre aux défis auxquels nous faisons face. Les acteurs non-étatiques que nous représentons s’engagent à poursuivre leurs actions au quotidien, aux niveaux local et régional, pour lutter contre le changement climatique. Ils prennent déjà part à un agenda transformatif et définissent de nouveaux modèles de développement. Leurs efforts seront donc essentiels au succès et à l’ambition des accords intergouvernementaux. Les contributions des différents acteurs, notamment la production de nouveaux savoirs, la formation de l’opinion publique, la formulation d’options de politiques publiques, et les actions multi-niveaux seront nécessaires pour établir et mettre en oeuvre un accord ambitieux et légalement contraignant en 2015 à Paris, ainsi que pour augmenter significativement les initiatives d’ici à 2020 pour combler l’écart en termes d’atténuation et d’adaptation. Sur la base de l’expérience de nos organisations dans le domaine de la médiation publique, nous croyons que chaque citoyen devrait être capable de comprendre ce qui est en jeu dans les négociations climatiques. Les citoyens doivent savoir que les accords internationaux auront des impacts positifs sur leur qualité de vie et leur bien-être. Ils doivent aussi savoir qu’ils peuvent jouer un rôle actif et ce sur quoi leurs gouvernements doivent leur rendre des comptes.

5 / Nous soulignons qu’il est essentiel de consolider la confiance entre les gouvernements nationaux et de respecter les engagements internationaux existants, en particulier en : United Nations Climate Summit – New-York – 23 of September 2014 – Catalyzing Action – Joint statement of Non-State actors’ representatives  Renforçant les engagements contraignants et volontaires d’atténuation ainsi que les partenariats à tous les niveaux, afin de réduire considérablement et immédiatement les émissions de GES, afin de garder la fenêtre des deux degrés ouverte jusqu’à ce que le nouvel accord entre en vigueur ;  Contribuant au Fonds vert pour le Climat, désormais opérationnel, et en respectant les engagements financiers pris depuis Copenhague. Apporter aux pays en développement les ressources dont ils ont besoin pour l’atténuation et l’adaptation sera un élément clé du futur accord.

6 / Nous prenons acte du fait que, dans ce moment important pour le futur des négociations, le Secrétaire Général Ban Ki-moon appelle à un Sommet climatique le 23 septembre 2014 à New York. Les chefs d’Etat doivent saisir cette opportunité pour envoyer un signal de leur engagement pour un accord fort et juste en 2015 et pour un changement global dans les investissements, en rupture avec les énergies fossiles et les émissions de GES, et en faveur d’un futur bas-carbone et résilient au changement climatique pour tous.

7 / Nous croyons en et appelons à un dialogue renforcé entre acteurs non-étatiques, par une coordination régulière entre les organisations qui les représentent au niveau international, sur les questions clés liées au changement climatique et à l’agenda post-2015. Dans cet esprit, nous poursuivrons le dialogue et la coordination entre les groupes majeurs et les « constituencies », pour des expressions communes à chaque étape des processus de négociation sur le climat et sur l’agenda post-2015.

8 / Chaque groupe d’acteurs non-étatiques porte une part de la solution globale. Sans la mobilisation de tous les acteurs non-étatiques, il ne sera pas possible de réaliser collectivement les engagements pris par les gouvernements nationaux. Les accords internationaux en cours de discussion devront donc inclure les moyens de permettre l’implication active des acteurs non-étatiques dans le futur cadre, en particulier en ce qui concerne le financement, le renforcement de capacités et la participation à la prise de décision, la mise en oeuvre et le suivi des actions nécessaires. Nous encourageons fortement le développement de la coopération internationale entre les acteurs non-étatiques, et soulignons que la régulation, la responsabilité et la transparence sont essentiels pour réaliser le développement durable dans tous types de projets. Nous appelons les autorités organisant les négociations de 2015 de maximiser l’espace et les ressources afin de faciliter l’expression et le dialogue avec les acteurs non-étatiques. Nous avons décidé de soutenir mutuellement les recommandations suivantes pour lesquelles se battent nos « constituencies » :

Entreprises et industrie. En tant qu’acteurs clés, nous continuerons de donner la priorité :  au partage d’expertise : coopération en matière de recherche et d’éducation pour diffuser l’innovation et la création d’emploi ;  à la mobilisation des investisseurs : un portefeuille de technologies équilibré pour un accès abordable à l’énergie, pour réduire les émissions de GES, pour promouvoir l’efficacité énergétique, avec la référence du prix du carbone ;  à la flexibilité : pour définir des actions appropriées à travers des accords industriels par secteurs ;  à l’action ascendante (bottom-up) : des partenariats public/privé locaux pour unir les forces pour les réseaux intelligents, les bâtiments intelligents, les technologies de ville durable…  au reporting et au contrôle : systèmes de mesures transparents et standardisés, reporting et vérification pour éviter les distorsions de marché. Nous appelons aussi de nos voeux un cadre simple, prévisible et stable, permettant la programmation d’investissements de long-terme.

Enfants et jeunesse. Nouvelle et prochaine génération de travailleurs, décideurs, consommateurs et citoyens, nous devons être reconnus comme des acteurs clés pour assurer le succès et la durabilité du futur accord. Par la mise en oeuvre de projets d’atténuation, d’adaptation et de sensibilisation au sein de nos communautés, les jeunes et enfants agissent chaque jour pour aider à construire le monde dans lequel ils passeront la majeure partie de leur vie. Nous devons aussi être associés au processus de prise de décision à tous les niveaux (par exemple, avec la généralisation du Youth Delegate Programme). Intégrer l’équité intergénérationnelle comme principe essentiel de toute prise de décision est vital pour garantir la qualité de notre futur et de celui des générations à venir. Enfin, renforcer l’éducation sur les questions climatiques sera essentiel pour la mise en oeuvre de tout accord. Le soutien à toutes les initiatives volontaires consacrées à la lutte contre le changement climatique à tous les niveaux est nécessaire.

Agriculteurs. Nous, exploitants agricoles de toutes tailles, incluant les femmes, les éleveurs, les activités agroforestières et les pêcheurs, représentons la majorité des habitants de nombreux pays partout dans le monde. Alors que nous sommes les citoyens qui assurons la production de nourriture, de ressources renouvelables et de paysages, nos moyens de subsistance et ceux d’autres citoyens dépendent fortement de la signature d’un accord sur le climat solide et adossé à un agenda post-2015 du développement robuste. Les agriculteurs atténuent les émissions de GES nocives par des pratiques agricoles durables mais, dans de nombreuses régions du monde, doivent lutter contre un climat en constante évolution. Il est essentiel de développer l’accès aux savoirs et aux technologies permettant de mieux s’adapter et d’atténuer le changement climatique, mais aussi d’encourager de telles pratiques. L’agriculture doit donc jouer un rôle clé dans le futur accord. Nous continuerons à travailler pour une agriculture et des systèmes alimentaires durables et résilients, afin d’assurer la sécurité alimentaire, de protéger les ressources naturelles, de répondre aux enjeux du changement climatique et de soutenir un développement équitable pour tous.

Peuples autochtones. Nous représentons plus de 370 000 000 de personnes venant de différents nations, peuples et communautés du monde entier, et nous occupons 20% du territoire global. Nous sommes les gardiens de la Terre mère mais nous sommes les plus affectés par l’impact du changement climatique, à travers la dégradation des terres, la destruction de la forêt, les déplacements de nos territoires, etc. Parce que notre vie est liée à l’environnement, nous avons développé un savoir traditionnel sur la gestion, la protection et la réhabilitation des terres et des ressources naturelles pour un développement durable. Les peuples autochtones sont les « actionnaires » clés et doivent être pleinement et effectivement impliqués dans le processus de changement climatique, avec une approche fondée sur les droits. Nous souhaitons renouveler notre appel à intégrer le droit au Consentement libre, préalable et éclairé (Free Prior Informed Consent (FPIC)) dans tout le processus de prise de décision, en accord avec les obligations et instruments internationaux, tels que la Déclaration des Nations Unies sur les droits des Peuples autochtones (UNDRIP) et la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail.

Gouvernements locaux et régionaux. En tant que décideurs, nous sommes des acteurs clés pour mettre en oeuvre des actions aux niveaux local et régional, et pour catalyser les partis prenantes locales et les citoyens. Par une approche systémique de la gestion de la ville (urbanisme, transport, énergie, résilience des bâtiments…), l’action des gouvernements locaux et régionaux représente probablement la capacité de réduction des émissions de GES la plus importante à court-terme, et particulièrement sur la période 2015-2020, et joue un rôle essentiel en matière d’adaptation au changement climatique sur leurs territoires. Le développement du renforcement de capacités et l’échange de bonnes pratiques seront très importants pour assurer l’amélioration de notre action. Le renforcement des processus de décentralisation, accompagné des ressources adéquates et d’un accès facile à de nouveaux mécanismes financiers, sera essentiel pour soutenir nos actions de définition et de mise en oeuvre de politiques locales d’atténuation et de mitigation fortes.

ONGs. Nous représentons une diversité d’organisations, d’actions et d’idées. Nous menons des actions à travers le monde contre le changement climatique et ses impacts, et pour un monde durable, résilient et plus juste. Nous mobilisons partout, promouvons et mettons en oeuvre des solutions animées par les citoyens et axées sur les plus pauvres, aux niveaux local, national et international. Nous amplifions les voix des plus vulnérables, de ceux qui agissent. Nous sensibilisons l’opinion publique sur les causes du changement climatique, sur les impacts et sur les solutions. Nous appelons les gouvernements nationaux à écouter les voix des citoyens, et à agir en conséquence pour protéger leurs moyens de subsistance, éviter des pertes et dommages supplémentaires, permettre un système économique plus juste, en encourageant des choix et des investissements en faveur des plus pauvres et résilients au changement climatique.

Communauté scientifique. En tant que scientifiques, spécialistes des sciences sociales, avocats, humanistes, éducateurs et consultants, nous soutenons des politiques s’appuyant sur des faits et des données scientifiques solides. Nous menons des recherches, enseignons, et communiquons presque sur tous les aspects du changement climatique. Nous produisons de nouveaux savoirs, façonnons et analysons des politiques alternatives, développons et évaluons des programmes pour l’atténuation et l’adaptation. Nous aidons les entreprises, les gouvernements, les communautés et les citoyens à comprendre la complexe science du climat et les implications sociales, économiques, environnementales, juridiques, et éthiques de l’action et de l’inaction sur le changement climatique.

Femmes. Dans la diversité de leurs identités, les femmes jouent un rôle majeur pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Elles sont également confrontées aux impacts les plus négatifs du changement climatique et ont la lourde charge de reconstruire les vies après les désastres en dépit des pertes et dommages. L’égalité entre les genres devrait donc être un principe fondamental et un élément transversal de l’accord de 2015, qui devrait être en cohérence avec le cadre international sur les droits humains, prenant en compte les besoins réels aussi bien des femmes que des hommes, et en mobilisant leurs perspectives, leurs capacités et leur expertise. Nous demandons et attendons une action sur le changement climatique urgente, ambitieuse, juste, sensible au genre et légalement contraignante – non volontaire – qui intègre des approches ascendantes bénéficiant aux gens et aux communautés, respectant les droits, améliorant la résilience, réduisant les émissions actuelles et futures, et facilitant une véritable transformation.

Travailleurs et syndicats. Le monde du travail est au premier plan de la transformation nécessaire pour réduire les émissions et s’adapter au changement climatique. Nous, travailleurs et syndicats, déployons des efforts massifs pour garantir un large soutien social à l’action climatique et nous battons pour que les dirigeants s’engagent pour sécuriser une Transition Juste qui rendra nos emplois durables et soutiendra les emplois et les moyens de subsistance des travailleurs.

9 / En conclusion, nous réaffirmons le rôle crucial que jouent les acteurs non-étatiques pour répondre au défi du changement climatique, tant sur l’adaptation que sur l’atténuation. Nous n’avons pas d’autre choix que d’arriver à un accord qui réponde aux enjeux sur lesquels alerte la communauté scientifique. Nous assurons les gouvernements nationaux de notre soutien dans la réalisation des engagements ambitieux qu’ils doivent prendre. Nous saisissons l’opportunité du Sommet Climat pour appeler les chefs d’Etat à remettre le changement climatique en haut de l’agenda politique, à s’engager à trouver des accords sur le changement climatique en 2015, et à faire des acteurs non-étatiques des parties prenantes de la négociation et de la mise en oeuvre réussies des décisions de 2015.

Ce document de position est une contribution commune de différents membres des groupes majeurs et des « constituencies » reconnus par l’ONU. Il a été élaboré à l’occasion de plusieurs réunions et sur la base de différentes contributions produites par des représentants d’organisations membres des neuf groupes.

Il montre les consensus qui existent entre les signataires. Mais, sur certaines questions spécifiques, certains membres peuvent appeler à des objectifs et perspectives plus ambitieux.

Au 22 septembre, elle a reçu le soutien des organisations suivantes :

Gouvernements locaux et régionaux: United Cities and Local Governments (UCLG), “organising partner”* du groupe majeur Autorités locales; ICLEI – Local Governments for Sustainability, point focal** de la « constituency » LGMA et “organising partner”* du groupe majeur Autorités locales; Network of Regional Governments for Sustainable Development (nrg4SD) ; Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE), Metropolis

Entreprises et Industrie: Comité Français de la Chambre de Commerce Internationale (ICC); Global Compact France

Enfants et jeunesse: CliMates, United Kingdom Youth Climate Coalition (Royaume-Uni), Garjan.org (Népal), A World at School, Avenir climatique (France), REFEDD (Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable), Viração Educommunication (Brésil), Action Jeunesse pour le Développement (Congo-Brazzaville), PUSH Sverige (Suède), Plan International

Peuples autochtones: Pan African Climate Justice Alliance (PACJA), Indigenous Peoples of Africa Coordinating Committee (IPACC)

Agriculteurs: World Farmers’ Organisation (WFO), point focal** de la “constituency” Agriculteurs et “organising partner”* du groupe majeur Agriculteurs

ONG: NGO Federation of Nepal, Uganda Coalition for Sustainable Development – Rio and Beyond (Ouganda), Kehys-Finnish NGDO platform to the EU (Finlande), Norwegian Forum for Development and Environment (Norvège), United Religions Initiative (co-présidence du comité d’ONG de l’ONU pour la Journée Internationale de la Paix), World Future Council, Global 100% Renewable Energy, 4D (Dossiers et Débats pour le Développement Durable), ENDA Tiers Monde, Ecocity Builders (Etats-Unis), Physicians for Social Responsibility (Etats-Unis), International Society of Doctors for the Environment (Etats-Unis), Quaker Earthcare Witness (Amérique du Nord), Sociedade Sinhá Laurinha (Brésil), Brigada Cimarrona Sebastian Lemba (République dominicaine), Mesoamerican Center for Appropriate Technology Studies -CEMAT-, National Panel on Climate Change (Guatemala), Departmental Committee on Climate Change Huehuetenango, Quiche and Sololá (Guatemala), Red South West Climate Change (Guatemala), Red Verpaces Climate Change (Guatemala), Municipal Bureau of Climate Change The Curtain (Guatemala), CEEweb for Biodiversity (Hongrie), Journalists and Writers Foundation (Turquie), Peace Islands Institute (Etats-Unis), Interregional Union of Life Help for Mentally Handicapped Persons « Sail of Hope » (Russie), HELVETAS Swiss Intercooperation (Suisse), Mainstreaming Adaptation, Resilience and Sustainability into development and daily life (MARS-d Network) (Birmanie), Ecumenical Support Services (Zimbabwe), Islamic Relief Worlwide (UK), Alliance Sud, New Future Foundation, TheAdvisors.com, Global Foundation (Pakistan).

Femmes: All India Women’s Conference, Soroptimist International, Mesa joint Climate Change and Gender East (Guatemala)

Travailleurs et syndicats: International Trade Union Confederation (ITUC), “organising partner”* du groupe majeur Travailleurs et syndicats, Confédération Française Démocratique du Travail- CFDT (France)

Communauté scientifique: Les organisations membres de la « constituency » n’ont pas vocation à signer ce type de textes, mais elles ont contribué à la rédaction de leur paragraphe spécifique.

*Les « organising partners » des 9 groupes majeurs coordonnent les organisations membres dans les négociations internationales sur le développement durable (post Rio+20/Objectifs de Développement Durable)

**Les points focaux, ou « focal points », des 9 « constituencies » coordonnent les organisations membres dans les négociations climatiques organisées sous l’égide de la CCNUCC

La coordination est assurée par Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) Contact: Ronan Dantec, porte-parole climat de CGLU – 15 rue de Vaugirard, 75291 Paris Cedex 06 Tel : +33 1 42 34 48 67 – Mail : r.dantec@senat.fr

Sommet de l’ONU : une étape importante dans l’élaboration d’un accord post-Kyoto

Par Dominique Martin Ferrari

La mobilisation contre les changements climatiques, deux jours avant un Sommet au siège de l’ONU a remporté un vif succés. L’appel à travailler sur un accord universel qui remplacerait le protocole de Kyoto bientôt caduc semble avoir été entendu.
Plus de 500 000 personnes dans 156 pays et 2 646 évènements, ont marqué la plus grande mobilisation citoyenne sur le climat jamais organisée depuis Copenhague. 25 000 personnes à Paris, 310 000 à New York.
A Paris, pour les ONGs « Cette participation record montre que l’ensemble de la société se sent concernée par les changements climatiques. Ce ne doit plus être un enjeu annexe, que les politiques mettent de côté dès qu’une crise se présente, ont déclaré les associations. « La transition est en marche. C’est le sens de l’histoire. Les chefs d’Etat doivent montrer à NYC qu’ils ont compris ce message ».
Pas de naïveté cependant . Malgré l’ampleur donnée à l’événement , les conditions ne sont pas données pour réussir et il faudra bien les 400 jours qui séparent New York de Paris pour faire avancer quelques points. Pour l’instant les revendications des uns et des autres insistent sur le fait « que les recommandations de la France et de l’UE doivent être exemplaires ; que l’on aille vers la suppression des aides au charbon, que l’on dispose d’un calendrier de financement du Fonds vert « . Les analyses excluent également les fausses solutions comme le recours au nucléaire,ou un usage massif de la biomasse.
Derrière l’économie verte se profilent bien des dangers dont les exploitations d’énergie fossile non sécurisées, des solutions techno-scientifiques dangereuses, des mécanismes de marché redoutables.
Les territoires seront une des pièces maîtresse du futur dispositif. C’est là qu’on innove, c’est aussi là que les populations définissent le mieux leurs priorités économiques, environnementales et sociales. C’est surtout là que derrière les promesses vides et les grands discours creux se construit le réel.
En attendant à la fin de la semaine les conclusions de ce sommet qui réunit 120 chefs d’état, on sait déjà que la France ne s’engagera pas davantage sur ses objectifs de réduction, par contre elle compte veiller à ce que les 300 milliards d’euros libérés par Juncker au niveau européen soient largement assignés à l’efficacité énergétique, aux infrastructures et aux renouvelables. Ce sommet est important car il sera révélateur des deux rencontres à venir : Lima et Paris. Si les premières pierres de l’accord à venir ne sont pas posées, il sera difficile de rester optimiste dans la situation actuelle.
A surveiller de très près la diplomatie franco africaine, le suivi de la création de « l’alliance mondiale pour l’agriculture intelligente face au climat » qui suscite actuellement bien des interrogations (derrière les mots, quel sens ? atténuation, adaptation, intelligence, renforcement des connaissances…Une sorte de boîte à progrès, à fausses promesses et à grands risques »
– Les illuminations géantes se sont déroulées sur le mur de l’ONU durant un show de 12 minutes. Elles incluaient des oeuvres de Yann Arthus Bertrand et Sebastiao Salgado.U

La coopération entre pays en développement est indispensable

A la veille du Sommet de l’ONU sur le changement climatique

La coopération entre pays en développement est indispensable

Par M’hamed Rebah

(article paru sur le site http://www.reporters.dz)

Répondre aux besoins des populations en maintenant la croissance économique et, en même temps, lutter contre le changement climatique, constitue un défi de taille pour les pays en développement qui doivent préserver leurs intérêts dans les grandes négociations internationales sur le climat. D’où l’exigence d’une coopération intense et une coordination étroite entre leurs représentants à la veille du Sommet des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra le 23 septembre à New York, et dans la perspective de la 21ème Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de 2015 à Paris (COP 21), qui sera précédée par la COP 20 qui débutera le 4 décembre à Lima, en présence de 12000 participants et un millier de journalistes. En parallèle à la COP 20, se tiendra un Sommet des Peuples, regroupant ONG et représentants de communautés indigènes, qui se veut un événement alternatif à la conférence de Lima.
La situation est grave pour les pays africains. D’après les Nations unies, d’ici 2050, l’Afrique ne pourrait subvenir qu’à 13% de ses besoins alimentaires, à cause du changement climatique.
Jean-Marie Sabushimike, expert en environnement et professeur de Géographie à l’Université du Burundi (UB) a décrit dans une déclaration à Xinhua, la forte vulnérabilité au changement climatique des pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CEA). Au Burundi, d’abord le problème du changement climatique est perceptible dans les secteurs de l’agriculture, des infrastructures, de la santé et de l’énergie ; le Rwanda, fait-il savoir, dispose d’un ministère de la Gestion des catastrophes et des réfugiés et des organes et des structures compétents capables de conduire une politique d’adaptation aux changements climatiques ; l’Ouganda se cherche encore en matière d’adaptation au changement climatique car il subit sans cesse des glissements de terrain très violents, mais aussi des inondations ; le Kenya affiche le même tableau, et, en plus, subit des sécheresses qu’il n’arrive pas à juguler et à contrôler ; en Tanzanie, c’est beaucoup plus les inondations. Pour cette partie de l’Afrique, Maurice va abriter un centre régional d’excellence et d’information sur le changement climatique qui sera créé à partir du Centre d’information sur le changement climatique mis en place par la Division de l’évolution du climat du ministère de l’Environnement à Maurice avec le soutien du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et la Commission de l’Océan Indien (COI).
Dans une autre partie de l’Afrique, au Congo, des perturbations énormes sont enregistrées avec la baisse et la hausse des températures ainsi que sur la pluviométrie nationale. Entre 1950-2010, le Congo a gagné 1,1 degré Celsius de température en zone rurale et 0,5 degré Celsius en zone urbaine. Les spécialistes locaux ont noté qu’« il y a des cultures qui sont en voie d’être abandonnées, compte tenu des évolutions du climat. La fructification des mangues a même changé dans certaines zones».
Mary Robinson, envoyée spéciale des Nations Unies pour le changement climatique, estime que «les efforts fournis pour l’aide au développement pourraient être anéantis par le changement climatique». Pour elle, il est «impératif de s’occuper de l’atténuation de ces changements mais aussi d’aider les pays moins développés par des transferts de technologies». M’hamed Rebah (20 septembre 2014)

Les ONG reçues par le président Hollande à la veille du sommet de l’ONU

par Dominique Martin Ferrari

Samedi 20 Septembre au matin, à la veille de la marche climat , François Hollande a reçu une vingtaine d’ ONG pour discuter du climat et des ODD.
Ce rendez vous est une reconnaissance du travail conduit par la société civile d’autant que le Président a proposé un autre rendez vous avant le Conseil énergie européen d’Octobre et demande à réitérer l’exercice de manière régulière .
La plupart des interventions ont porté sur la question financière: fonds verts dont on parlera à New york bientôt (1Md sur trois ans à formaliser), fiscalité écologique, renforcement des positions sur l’efficience énergétique et sur les renouvelables .
L’ambition française de 27% de renouvelables a été jugée insuffisante par les ONGs, de même la réduction de 40% de nos émissions.
La tâche sera donc difficile. (La France ayant déjà du mal à atteindre son objectif 2020 elle ne poussera pas à plus ambitieux pour 2030; à moins que la France inclue le nucléaire; heureusement, elle est pour l’instant la seule à considérer le nucléaire dans le renouvelables!)
La taxe carbone ne semble pas non plus d’actualité.
L’action auprès de l’Europe doit se renforcer. La promesse faite par Juncker de libérer 300milliards d’euros doit être justement mobilisée vers l’efficacité énergétique et les renouvelables.
A cette date , il semblerait que la France ait compris l’intérêt d’une action ministérielle transversale qui relie climat, transition énergétique, développement et sécurité alimentaire à la fois dans la négociation de la CP et dans celle des ODD. Simplement le propositions faites actuellement sur le plan de l’agriculture et de l’alimentation ne peuvent être reconnues comme des solutions (OGM et agro carburants) Une coordination devient donc nécessaire avec le Ministre de l’agriculture.

Un sommet de l’ONU sous pression de la société civile

Par Olivier Nouaillas

(Retrouvez l’article en entier sur le site de La Vie)

 

120 chefs d’ Etat seront réunis le 23 septembre à New-York pour préparer la grande conférence sur le climat prévue à Paris fin 2015. Un enjeu qui mobilise d’ores et déjà les citoyens du monde entier.

Ban Ki Moon, le secrétaire général de l’Onu, a réussi la première partie de son pari. Ce mardi 23 septembre à New-York, au siège des Nations-Unies, il réunira plus de 120 chefs d’états de gouvernements (dont Barack Obama et François Hollande) pour préparer la grande conférence de Paris sur le climat, prévue en décembre 2015.

L’intention est plus que louable : éviter la répétition de l’échec du sommet de Copenhague en 2009 en mettant dans le coup les chefs d’ Etat et de gouvernement beaucoup plus en amont. Il reste, en effet, plus de 400 jours avant la tenue de la COP 21 (la conférence de Paris), un délai d’autant plus utile que la COP 20 aura lieu dans deux mois et demi, en décembre 2014 à Lima au Pérou. Et que l’ordre du jour fixé aux représentants des 193 pays est également de préparer la conférence de Paris.

Le chemin est, en effet, encore long pour parvenir à un accord mondial de lutte contre le changement climatique…

Cliquez ici pour découvrir la suite.

Sommet de l’ONU, communiqué d’Attac

Marche pour le climat, le 21 septembre

La société civile se mobilise dans le monde entier le 21 septembre pour envoyer un signal fort aux chefs d’État qui seront réunis à New York le 23 septembre, à l’appel du secrétaire général des Nations Unies : le climat change et il est encore temps d’agir !

Voici un communiqué reçu à cette occasion.

Communiqué d’Attac, Via Campesina…

Les mouvements sociaux dénoncent l’emprise du secteur privé sur le Sommet sur le Climat de Ban Ki-moon

Des mouvements sociaux comme La Via Campesina, OilWatch International, Global Forest Coalition, Migrants Rights International, Indigenous Environmental Network, Grassroots Global Justice Alliance, Attac France et plus de 330 organisations (1), représentant plus de 200 millions de personnes dans le monde, notamment des paysans et des petits agriculteurs, des populations indigènes, des migrant-e-s, des travailleur-se-s, des femmes, des personnes de couleur, des militants pour la justice climatique et environnementale, dénoncent l’emprise du secteur privé et des multinationales sur le Sommet sur le climat organisé par M. Ban Ki-Moon. Dans une déclaration commune publiée le 16 septembre, ils plaident pour des changements systémiques, et contre les initiatives basées sur des partenariats public-privé et des mécanismes de marché qui structurent actuellement l’ordre du jour du Sommet, comme les projets REDD + et d’agriculture urbaine intelligente face au climat (« climate smart agriculture ») ou encore les projets liés à l’initiative Energie renouvelable pour tous (« Sustainable Energy for All – SE4All »)

La déclaration exige de prendre dix actions concrètes pour éviter le chaos climatique, y compris d’immédiats engagements contraignants pour rester en deçà de 1,5 °C de réchauffement global. Les mouvements sociaux maintiennent leur mise en garde contre ce qu’ils appellent les « fausses solutions » et les actions nocives que les grandes entreprises, invitées par le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon à jouer un rôle majeur, promeuvent.

Pour Geneviève Azam, porte-parole d’Attac France, « les négociations sur le changement climatique sont dominées par des Etats irresponsables, des pollueurs et des entreprises qui ne se soucient que de leurs propres intérêts, que ce soit à travers de nouvelles exploitations d’énergies fossiles, de nouveaux marchés carbone ou d’autres fausses solutions telles que les agro-énergies industrielles qui détruisent les forêts, les sols, les zones humides, les rivières, les mangroves et les océans »

Selon Carlos Marentes, membre de la Via Campesina, « le sommet sur le climat de New York est organisé en grande pompe mais ne propose aucune alternative systémique véritable. Au contraire il encourage plusieurs fausses solutions d’une économie verte qui n’en a que le nom, telles que de dangereuses solutions techno-scientifiques ou des mécanismes de marché qui feront plus de mal que de bien. Il refuse de reconnaître que le changement climatique est le résultat d’un système économique injuste qui poursuit une croissance sans fin, concentre les richesses dans les mains de quelques-uns et surexploitent la nature jusqu’à l’effondrement ».

Les mouvements sociaux soulignent que vouloir stopper les dérèglements climatiques impliquerait de mettre fin au régime de libre-échange qui permet de poursuivre une croissance sans fin et d’assurer des profits sans limite aux multinationales. Ils appellent à mettre fin aux négociations, le plus souvent secrètes, visant à étendre le régime de libre-échange et d’investissements de l’OMC, ainsi que celles de l’Accord de partenariat transpacfique (TPP), de l’Accord de libre-échange nord-américain (TAFTA) et d’autres accords bilatéraux, régionaux ou multilatéraux qui cherchent à marchandiser toutes les dimensions de la nature. Pour Nnimmo Bassey, de l’organisation Health of Mother Earth Foundation (HOMEF), « ces accords minent les populations qui travaillent, détruisent la nature, et réduisent considérablement la capacité des populations à définir leurs propres priorités économiques, sociales et environnementales ».

Le Sommet de New York est présenté comme une étape importante sur la route de la 21ème conférence des parties (COP) de la Convention de l’ONU sur les changements climatiques qui se tiendra à Paris en 2015. Mais les mouvements sociaux soulignent que cela exigerait des engagements légalement contraignants et une réelle volonté de changement, et non la poursuite du statu-quo tel qu’actuellement proposé. « Bien-entendu qu’il faut des actions concrètes ! Mais pas n’importe lesquelles. Nous ne voulons plus d’engagements volontaires et de promesses vides. Il sera impossible d’éviter le chaos climatique, si nous ne faisons rien pour nous attaquer à l’inaction des gouvernements subordonnés aux intérêts d’entreprises polluantes. Il est essentiel de renforcer nos luttes concrètes sur le terrain et de concentrer nos énergies sur la transformation du système capitaliste », conclut Cindy Wiesner de Grassroots Global Justice.

(1) La déclaration et la liste complète des signataires est disponible ici : http://climatespace2013.wordpress.com/2014/09/16/se-mobiliser-et-sorganiser-pour-eviter-et-stopper-la-fievre-de-la-planete/

Pour toute interview, prise de contact, demande de renseignements, merci de contacter :

Maxime Combes maxime.combes@gmail.com – 06 24 51 29 44 – (français, anglais et espagnol)

Annelies Schorpion annelies.schorpion@viacampesina.org (français, anglais et espagnol)

Pour Attac France,

Maxime Combes et Christophe Aguiton seront à New York à compter du vendredi 19 septembre

Geneviève Azam, porte-parole d’Attac France, sera disponible pour des interviews en Franc à ces mêmes dates

Sommet de l’ONU, communiqué de l’OCDE

Communiqué de l’OCDE

Paris, le 19 septembre 2014

 

Le Secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría s’exprimera sur les aspects économiques de l’action pour le climat

au Sommet sur le climat des Nations Unies

 

L’Université des Nations Unies (UNU) organise une session thématique sur les aspects économiques de l’action pour le climat avec des dirigeants mondiaux et des experts internationalement reconnus en provenance de Chine, d’Inde, du Mexique et des États-Unis, en marge du Sommet sur le climat 2014 convoqué par le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies Ban Ki-moon le 23 septembre, à New York. Merci de consulter ci-dessous l’invitation détaillée de l’UNU.

 

A quelques jours du Sommet, cliquez ici pour écouter Simon Upton, Directeur de la Direction de l’environnement, répondre aux trois questions clés sur le changement climatique.

 

 

Pour en savoir plus sur la participation de l’OCDE au Sommet sur le climat des Nations Unies, veuillez visiter notre site Internet : http://www.oecd.org/environment/cc/un-climate-summit.htm.

Sommet de l’ONU : le point de vue du WWF

Marche pour le climat

La société civile se mobilise dans le monde entier le 21 septembre pour envoyer un signal fort aux chefs d’État qui seront réunis à New York le 23 septembre, à l’appel du secrétaire général des Nations Unies : le climat change et il est encore temps d’agir !

Voici un communiqué reçu à cette occasion.

Communiqué du WWF

Le Sommet sur le climat du Secrétaire général des Nations Unies qui s’ouvrira à New York mardi 23 septembre et qui devrait réunir plus d’une centaine de Chefs d’Etat et de gouvernements, ainsi que des milliers d’acteurs de la société civile. Il s’agit d’une étape décisive vers la COP21 – Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, qui se tiendra à Paris en décembre 2015. En toile de fond de cette rencontre : la plus importante mobilisation de la société civile jamais organisée autour des questions climatiques. Pour le WWF, ce rendez-vous est capital et il ne peut se clore sans que des engagements clairs et ambitieux aient été pris par les différents Chefs d’Etat. Le WWF exhorte les participants à ce Sommet à acter de réels engagements immédiats afin d’augmenter l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, ainsi que leur financement, et réduire les énergies fossiles et leurs investissements.

  • Faire pression sur le sommet climatique de l’ONU

« L’échec des négociations de Copenhague est maintenant derrière nous » selon Samantha Smith, Directrice de la Global Climate & Energy Initiative du WWF International. « Le 23 septembre, c’est une rencontre au Sommet qui va se jouer et où il est impératif que des messages politiques forts soient formulés et que les gouvernements s’engagent à atteindre leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Société civile et responsables économiques vont unir leurs efforts et parler d’une même voix afin d’adresser un message clair : les Etats doivent « marcher » avec eux dans cet élan global dans la lutte contre les dérèglements climatiques ».

  • Une étape capitale avant Lima en novembre … et Paris, en 2015

Ce Sommet de New York est un tremplin vers la COP20 qui se tiendra en novembre prochain à Lima, au Pérou mais plus encore, il est l’occasion d’obtenir dès maintenant les garanties qu’un accord global majeur sera obtenu à Paris, au Bourget, fin 2015, dans le cadre de la COP21, l’évènement le plus important des négociations climatiques internationales depuis le premier Sommet de la terre de Rio en 1992.

Dès mardi à New York, des engagements devront être pris en matière de réduction de la déforestation, de réduction des émissions de CO2 issues de l’industrie et trouver les voies de financement qui permettent d’aider les pays les plus impactés par les conséquences néfastes du changement climatique.

  • « Pour tout changer, nous avons besoin de tout le monde »

Pendant le Sommet, un mouvement citoyen d’ampleur majeure se déroulera dans la ville, dans le cadre de la Marche mondiale pour le climat qui aura lieu simultanément à New York, Londres, Berlin, Rio, New Delhi, Melbourne, Vancouver et à Paris. Le WWF France rejoindra les rangs de la « Paris Marche pour le Climat » organisée par le mouvement citoyen mondial Avaaz, ce dimanche, le 21 septembre 2014, à 14h à la Place de la République et qui mènera les participants au parvis de l’Hôtel de Ville, où un concert du chanteur Patrice sera donné. Le WWF sera également présent à la Climate March de New York.

  • La mobilisation du WWF est également digitale

Dans le cadre de la mobilisation autour du Climat, le WWF France lance une campagne de mobilisation digitale à partir du site  http://earthhour.fr, avec pour but d’appeler les dirigeants à prendre des engagements forts en faveur du climat et de mobiliser à travers une Marche Climat Digitale parallèle à la manifestation physique.

Ainsi, il est possible de d’interpeller via Twitter les décideurs sur le site http://earthhour.fr, comme François Hollande, Ségolène Royal ou Jean-Paul Juncker. 

Il est également possible de télécharger un kit de mobilisation comprenant une série de messages pour le Climat. Il suffit ensuite de se prendre en photo avec le message de son choix parmi ceux proposés dans le kit et de poster son cliché sur ses réseaux sociaux avec le hashtag #MarcheClimat.
 

Cette mobilisation digitale permet ainsi à tous de prendre part à la marche mondiale pour le Climat d’où qu’il soit, et pas seulement lors de la marche physique du 21 septembre.

Les photos de la Marche Climat à Paris et des autres mobilisations partout dans le monde seront disponibles dans l’album Flickr suivant à partir de dimanche :

https://www.flickr.com/photos/wwf_at_ban_ki-moon_summit/sets/72157647363234959/