La bataille climatique mondiale est engagée

Par Gilles Luneau

GlobalCOP21

Le 18/01/2016, initialement publié le 12/12/2015 dans Global magazine

Le 12 décembre 2015 entrera certainement dans les livres d’histoires du monde entier comme le jour de l’Accord universel sur le climat. La COP21, sommet de l’ONU sur le climat qui s’est tenu du 30 novembre au 13 décembre à Paris-Le Bourget a uni les pays du monde entier sur le constat de l’empreinte humaine sur le réchauffement climatique et sur l’urgence à agir pour le contenir tous ensemble, avec un minimum de solidarité internationale. L’accord ouvre les voies de mutation des modes de vie terriens. Lire la suite

Les îles, laboratoires d’adaptation

Par Dominique Martin Ferrari

Coconut palm (Cocos nucifera) blowing during hurricane

Après des efforts d’atténuation, les îles deviennent des laboratoires de l’adaptation.

Le 30 octobre dernier, l’Agence française de développement (AFD) et les Comptes économiques rapides de l’Outre Mer (CEROM), consacraient une journée aux « enjeux climatiques et énergétiques dans les Outre-mer et les Petits États Insulaires ». L’occasion de préciser que s’adapter ce n’est pas seulement aligner des technologies conçues pour résister.

Il faudra que les choix soient acceptables par la société, économiquement viables, capables de s’adapter à des situations changeantes et à une réalité que nous sommes dans l’impossibilité de décrire aujourd’hui. Trois exemples développés sur trois territoires ont été mis en avant au cours des débats. Trois stratégies évoquées par Yves-Michel Daunar, directeur d’une agence des 50 pas géométriques de la Martinique, Gaëtan Siew, architecte, Président du State Land Development Company à l’Ile Maurice et Raphaël Billé, chef du projet RESCUE au Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS, Nouméa). Trois stratégies financées différemment. Lire la suite

COP 21: l’accord franco-chinois

Le 9 novembre, initialement paru le 2 novembre sur le site du Journal de l’environnement

franco-chinois

Par Valéry Laramée de Tannenberg

Les deux pays rappellent leur attachement à la conclusion d’un accord «ambitieux et juridiquement contraignant, fondé sur l’équité.»

François Hollande ne rentre pas bredouille de son voyage en Chine. Ce lundi 2 novembre, l’Elysée a dévoilé le texte de l’accord franco-chinois, conclu 4 semaines avant l’ouverture du sommet climatique de Paris. Lire la suite

OUR COMMON FUTUR UNDER CLIMATE CHANGE

par Dominique Martin Ferrari

(article initialement paru sur le site de Mediapeps)

Le 16/07/2015

Une superbe conférence scientifique sur le climat à l’UNESCO entre le 8 et le 12 Juillet derniers. 2000 scientifiques venus de 97 pays ont tenu le rôle qu’ils veulent jouer auprès des gouvernements avant la COP 21 : les persuader que le seuil des 2° ne doit pas être franchi et faire des propositions en ce sens. Un bel exercice pour la moitié d’entre eux qui n’y croient plus, et même si le texte final de la déclaration parle encore de « de deux chances sur trois de contenir le réchauffement à 2°C » !

« Nous avons changé d’époque. Nous ne sommes plus dans une phase d’alerte la communauté scientifique veut marquer son engagement pour des solutions », a déclaré le climatologue Hervé Le Treut cheville ouvrière de ce rassemblement.

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Climat : l’appel solennel de 2000 scientifiques

par Olivier Nouaillas

 Le 10/07/2015 paru sur le site de La Vie

Réunis au siège de l’Unesco pendant une semaine, 2000 scientifiques de 97 pays ont lancé un vigoureux appel aux dirigeants du monde pour parvenir à un accord lors de la conférence climat prévu à Paris en décembre 2015. Ils estiment qu’il y a « deux chances sur trois de pouvoir contenir le réchauffement à 2°C », mais au prix de considérables changements.

« Nous avons changé d’époque. Nous ne sommes plus dans une phase purement d’alerte mais à travers cette conférence à l’Unesco la communauté scientifique a voulu marquer son engagement vers des solutions », résumait Hervé le Treut, climatalogue français et président du comité d’organisation de cette conférence hors norme.

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Séquestration du carbone: trop tard pour bien faire ?

par Valéry Laramée de Tannenberg

(article paru le 19 mai 2015 dans le Journal de l’environnement)

Le 28/05/2015

L’Association des journalistes de l’environnement et du climat (AJEC21) recevait, ce mardi 19 mai, deux spécialistes du stockage géologique du CO2. L’occasion de faire le point sur le développement de cette technologie-clé pour réduire nos émissions (à l’atmosphère) de gaz carbonique.

Le principe, tout le monde ou presque, le connaît. Le stockage géologique du CO2 consiste à injecter le dioxyde de carbone, dont l’industrie lourde et le climat ne veulent plus, dans des structures géologiques étanches, comme des aquifères salins ou d’anciens gisements d’hydrocarbures.
Auparavant, il aura fallu, bien sûr, capter (à la cheminée) ledit CO2, le débarrasser de ses impuretés, le concentrer et l’amener jusqu’au puits d’injection. Autant d’opérations qui coûtent: «Aujourd’hui, le prix du captage-stockage tourne autour de 60 euros par tonne de gaz carbonique», estime Isabelle Czernichowski, présidente de CO2Geonet, réseau européen de recherche sur le stockage du CO2. Lire la suite

Changement climatique et COP21 Adaptation et atténuation sur un pied d’égalité 

par M’hamed Rebah

(Article paru dans le journal algérien Reporters le 20 mai 2015)

Le 25/05/2015

L’adaptation au changement climatique fera partie intégrante du nouvel accord sur le climat, «mondial, différencié et juridiquement contraignant», qui devrait être conclu à Paris en décembre prochain, a fait savoir le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, lundi 18 mai, lors de la session d’ouverture du sixième dialogue de Petersberg sur le climat organisé par le gouvernement allemand à Berlin. En plaçant l’adaptation au même niveau que l’atténuation, la France prend acte du fait que les stratégies d’adaptation et d’atténuation sont complémentaires et répond ainsi à la principale préoccupation des pays en développement. Il reste à savoir si les financements suivront pour mettre en place les programmes et activités qui vont dans ce sens. Le ministre français des Affaires étrangères admet que les perturbations liées au changement climatique entravent le développement de nombreux pays, notamment des pays africains et des petits Etats insulaires. «La situation est plus grave qu’elle ne l’était en 2009 et par conséquent, nous devons réellement agir », déclare Laurent Fabius. En sa qualité de président de la 21e Conférence des Nations unies sur le changement climatique à Paris (COP21), il estime toutefois que les gens devraient être plus optimistes sur l’issue des négociations qu’ils ne l’étaient en 2009 lorsque la conférence de Copenhague ne parvint pas à conclure un accord politique fort. Mais à ce jour, seuls 37 pays ont présenté leur CPDN (contribution prévue déterminée au niveau national) dans la perspective de la COP21.

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Climat: les chefs se mettent aux fourneaux bas carbone

(article paru dans le Journal de l’Environnement, le 13/04/15)

Des cuisiniers, étoilés ou non, veulent promouvoir les menus à basse teneur en CO2. Une façon originale de sensibiliser professionnels et clients aux impacts climatiques de notre alimentation.

François Pasteau (l'Epi Dupin) et Jean-Luc Fessard (Asso. Bon pour le climat)

François Pasteau  de l’Epi Dupin et Jean-Luc Fessard  pour l’asso. Bon pour le climat (photo C. Mayo).

Alimentation et climat: le lien n’est, a priori, pas évident. Et pourtant. Les cultures, l’élevage, la pêche subiront de plein fouet les conséquences des changements climatiques. D’ici 2050, le rendement des grandes cultures devrait par exemple baisser de 10% à 25% par rapport à ceux observés à la fin du XXe siècle, souligne le dernier rapport du Giec[1].
D’un autre côté, nourrir l’humanité, activité vitale s’il en est, est source d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES). Production d’engrais à base d’énergies fossiles, déforestation, rots méthaniques des bovins, rejets de protoxyde d’azote consécutifs aux épandages d’azote, transformation, chaine du froid, cuisson: tout compris, notre alimentation est à l’origine du tiers environ de nos émissions de GES.
LOURD BILAN CARBONE
Très lourd, ce bilan carbone pourrait être facilement allégé. En réduisant notre demande de poisson et de viande, en cessant de jeter à la poubelle le tiers de la production alimentaire (source de méthane, puissant GES), nous pourrions réduire notre empreinte carbone de près de 9 milliards de tonnes équivalent CO2 par an à l’horizon 2050, rappelle le Giec.
Mais qui commencera à changer ses habitudes? Il se pourrait bien que ce soit les cuistots. A l’initiative de Jean-Luc Fessard, journaliste spécialisé dans la restauration, une brochette de chefs de cuisine a créé, ce lundi 13 avril, l’association Bon pour le climat. Son ambition: profiter de la dynamique engendrée par la préparation du sommet climatique de décembre prochain (la COP 21) pour sensibiliser les personnels de la restauration et leurs clients aux étroites relations existant entre l’assiette et les GES.
PETIT MACARON ROUGE
L’ONG propose de délivrer son petit macaron rouge aux restaurateurs qui respecteront les principes du menu «bon pour le climat». «Les plats éligibles, explique Jean-Luc Fessard, ne doivent comporter que des produits locaux et de saison et privilégier le végétal aux protéines animales.» Sur demande, l’association pourra calculer le bilan carbone précis des mets labellisés. Mais là n’est pas l’essentiel.
Président de l’association, François Pasteau escompte un double dividende de la démarche. «Très facilement, nous pouvons réduire nos impacts en nous approvisionnement localement. Et en privilégiant les légumes, nous suscitons un questionnement, puis l’intérêt de nos clients», explique le chef de l’épi Dupin, à Paris.
D’autres commencent à changer radicalement de partition. Pour réduire sa production de déchets putrescibles (méthanogènes!), Julien Dumas fait mariner une partie de ses épluchures avec de l’ail et des piments: «et nous servons, en amuse-bouche, ce ceviche de légumes», s’amuse le chef du prestigieux Lucas Carton (Paris).
Grâce à son site, appelé à s’étoffer, l’association Bon pour le climat propose aux restaurateurs de partager bonnes pratiques, recette à basse teneur en carbone et fournisseurs régionaux. Cette vitrine sera aussi relayée par les réseaux sociaux: chacun des 50.000 participants à la COP 21 pourra ainsi géo-localiser troquet, restau ou grande table qui accompagnera à sa façon le sommet climatique.

[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

Des échos du colloque Climate Smart Agriculture (1)

par Dominique Martin Ferrari

Dimanche soir Sir Gordon Conway, ouvrait « non officiellement » mais pour ses pairs la rencontre Climate Smart Agriculture (CSA), traduisez en français par « agriculture intelligente ». L’événement qui s’ouvre à Montpellier est d’une grande importance même si les médias ne lui accordent pas beaucoup d’intention.
Durant une semaine, cerveaux et débats vont vibrer aux questions que posent l’avenir ; bientôt onze milliards d’hommes à nourrir, un bouleversement climatique mal endigué, des sécheresses en perspective qui poussent les migrants vers les terres plus accueillantes, créant tensions et conflits. Selon certaines analyses, le nombre de personnes risquant de souffrir de la faim augmentera de 10% à 20% d’ici 2050 en raison du changement climatique.

L’agriculture climato intelligente, c’est un nouveau concept usité par les labos dans toutes les régions du monde, une nouvelle approche qui pourrait permettre de concilier les nouvelles contraintes, en maintenant des priorités de développement agricole. Que cherche-t-on ? Toutes les instances internationales essaient de concilier la possibilité de développement en tenant compte de l’appauvrissement des ressources et du bouleversement des conditions climatiques, avec l’obligation d’atteindre les objectifs nationaux de sécurité alimentaire. L’objectif est alors de traiter simultanément des thèmes de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et du changement climatique. Plus simplement d’entrer enfin dans une recherche systémique.
Ces trois conditions (sécurité alimentaire, adaptation, atténuation) sont connues comme le « tiercé gagnant », ou les « trois piliers » de l’agriculture climato-intelligente.

« Plus de saisons pour les plantes » documentaire en ligne sur mediapeps.org traite du réchauffement et de ses conséquences sur l’agriculture. Quand il a été tourné en 2000 par Dominique Martin Ferrari le sujet tenait de l’investigation et de la prospective. Quinze ans plus tard, les faits sont avérés, les recherches ont progressé, les chercheurs isolés sont devant les caméras. Parmi eux, Jean François SOUSSANA chercheur à l’INRA. Il est aujourd’hui membre du groupe 2 du GIEC , plus que jamais spécialiste des prairies mais aussi des pétulences respon-sables des émanations de méthane des animaux et participe à la rencontre internationale de Montpellier, climate smart agriculture (CSA)

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