Changement climatique : ce qu’attendent désormais les Africains

Par Houmi Ahamed-Mikidache

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Le 15/12/2015, initialement publié sur le site Le Point Afrique

L’accord « historique » de la COP21 n’a pas totalement comblé les Africains. Ils se projettent vers la COP22 au Maroc avec bien des questions. Récit.

L’accord sur le climat signé à Paris le 12 décembre pose un cadre encourageant quant à l’avenir de la gestion des problèmes liés au changement climatique. Aussi, Hakima El Haite, ministre de l’Environnement du Maroc, hôte de la COP22 à Marrakech, indique-t-elle que la conférence prévue du 7 au 18 novembre 2016 sera celle de la mise en œuvre des éléments et des décisions de l’accord de Paris. Plusieurs questions devront déjà voir des mesures concrètes les accompagner. Lire la suite

L’ONU propose son brouillon de l’accord de Paris

Le 07/10/2015, paru initialement sur le site du Journal de l’Environnement

co-chairs_custom-281392322e792f4a8d49a87cf8a57798010e2f6f-s900-c85Daniel Reifsnyder et Ahmed Djoghalf, les deux rédacteurs du brouillon.
DR.

Par Valéry Laramée de Tannenberg

Les deux fonctionnaires chargés de l’élagage du «Tool» onusien ont rendu leur copie, ce lundi 5 octobre. Le texte comporte un projet d’accord et une série de décisions que devra adopter la COP 21. Revue de détails.

Bel effort. Un peu plus de deux mois après la publication d’un projet d’accord de plus de 80 pages (en langue anglaise), les deux co-présidents du groupe de travail spécial de la plate-forme de Durban ont rendu leur dernière copie. Conformément au mandat qui leur a été donné, il y a un mois, lors de la dernière conférence de Bonn, Daniel Reifsnyder et Ahmed Djoghlaf ont produit une note de 20 pages qui ressemble furieusement au texte qui pourrait être adopté à l’issue du sommet climatique de Paris, la COP 21. Lire la suite

Transition climatique: pourquoi est-il difficile de la financer ?

par Valéry Laramée de Tannenberg

(article paru le 22 mai 2015 dans le Journal de l’Environnement)

Le 28/05/2015

Organisé à Paris ce vendredi 22 mai, le Climate Finance Day a été l’occasion de faire le point sur les verrous à faire sauter pour que le secteur financier s’engage dans la lutte contre le changement climatique. Ca n’est pas gagné.

La situation est-elle la même qu’en 2009, avant le sommet climatique de Copenhague?
Si l’enjeu reste le même (la conclusion d’un accord mondial pour renforcer la lutte contre les changements climatiques), l’ambiance a sensiblement évolué en 6 ans. Tous les acteurs économiques acceptent désormais les conclusions des rapports du Giec[1] et soutiennent l’objectif politique de limiter à 2°C le réchauffement en cours. «Je ne crois pas que l’on reverra de grands groupes tenter de torpiller la COP 21, comme ils ont pu le faire pour la COP 15», résume Philippe Germa, patron de la branche française du WWF. Pour bon nombre d’observateurs, le monde de la grande entreprise et de la finance a basculé dans le camp des pro-climat suite au sommet onusien de New York, en septembre dernier, -où nombre de capitaines d’industries ont pu mesurer la mobilisation des parties prenantes pour la cause climatique et l’engagement de secteurs, tels l’automobile ou l’aviation commerciale.

Les entreprises sont-elles prêtes à l’action?

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Financements : Afrique, ça bouge

par Dominique Martin Ferrari

(article paru dans la lettre Options Futurs n°24 le 8 octobre 2014)

Jean-Louis Borloo et l’Afrique

Jean-Louis Borloo, sorti du tunnel de sa maladie, revient dans l’actualité avec sa fondation pour l’Afrique (sources JDD). L’Afrique « est en panne, faute d’électricité. 70 % des Africains n’ont ni lumière, ni électricité, ni énergie. Or l’énergie, c’est la vie, l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation, à l’emploi, à la croissance.(…) Le choix est simple. Ou l’Afrique sera le continent des drames du XXIe siècle pour elle comme pour nous ou elle sera celui d’un grand déve-loppement et un relais de croissance pour la France et pour l’Europe. Le destin de l’Europe et de l’Afrique sont liés. Par le biais de grands travaux, évalués à 30 milliards d’euros par an, et financés par les fonds internationaux votés lors du sommet climatique de Copenhague, mais aussi par des capitaux privés, l’Afrique peut devenir un relais de croissance pour la France et pour l’Europe (..) Je veux alerter les décideurs français et européens. Aider les dirigeants, mobiliser les parlements français et européen. La fondation et son agence seront opérationnelles à la fin de l’année. (…) Si l’on arrivait à 90 ou 100% d’accès à l’énergie, on aurait plus de 20% de croissance par an en Afrique avec des retombées en France! On peut passer d’un continent de tensions à un continent de croissance. »

Et n’oublions pas que JL Borloo , ministre de l’environnement, a préparé Copenhague avec Brice Lalonde en charge de la négociation. Brice Lalonde est aujourd’hui responsable des négociations de la COP 21 pour le Global Compact dont Jean Pascal Tricoire est le Président (et président de Schneider Electric.) Un bel équipage pour construire du concret, engager de beaux MDP et surveiller l’attribution du milliard de dollars annoncé par la France à New York le 23 septembre..

Le MDP, un outil de financement

par Dominique Martin Ferrari

(article paru dans la lettre Options Futurs le 8 octobre 2014)

Le MDP ou Mécanisme de Développement Propre est un des mécanisme de financement du protocole de Kyoto souvent contesté et souvent utile dans les échanges nord/sud. La notion de “responsabilité commune mais différenciée” a permis de dépasser l’opposition Nord/Sud (le nord pollue, le sud subit) A Kyoto, la plupart des pays les plus développés ont convenu d’adopter une mesure de financement innovante, le “Mécanisme pour un Développement propre” qui vise à atténuer les coûts inhérents à la réduction des émissions dans le Nord, tout en contribuant au financement de projets d’énergie non polluante dans les pays en développement. Le MDP est un mécanisme du secteur privé qui permet aux industries des pays développés de s’acquitter en partie de leurs obligations en finançant des projets de réduction des émissions dans les pays en développement, où les coûts sont souvent plus faibles. Pour une société européenne qui est tenue par son gouvernement de réduire les quantités de rejet de GES de 100 000 tonnes par an, il sera peut-être moins coûteux de moderniser une centrale à charbon polluante en Inde que de mettre aux normes sa propre usine. Le Mécanisme autorise cette société à déduire de son objectif de réduction de 100 000 tonnes par an la quantité de pollution évitée en Inde. Malheureusement, les chercheurs de la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques, qui supervisent le MDP, indiquent en effet qu’à peine 3 % du millier de projets approuvés dans le cadre du MDP à travers le monde sont réalisés en Afrique. Une bonne moitié des projets africains se trouve en Afrique du Sud où l’infrastructure industrielle et financière développée se prête bien au processus d’accréditation complexe du MDP.

Pour en savoir plus : http://www.afdb.org/fr/news-and-events/article/afdb-partners-in-the-6th-africa-carbon-forum-in-windhoek-engaging-africa-in-the-global-carbon-markets-13296/

A noter : cet outil n’a pas vraiment fait la preuve de son efficacité. En 10 ans, cela a permis de compenser l’équivalent de 3 mois d’émissions chinoises.